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Peter
Sutcliffe : l'éventreur du Yorkshire
Yorkshire,
Sud Est de l'Angleterre, 30 octobre 1975
Alors que Wilma
McCann,
une prostituée de Leeds dans le quartier de Chapeltown, rentrait chez
elle tardivement, un homme surgi de l'ombre l'attaque sauvagement et la
frappe à la tête par deux fois avec un marteau ou un objet similaire.
L'assassin lui porte ensuite 14 coups de couteau dans le ventre et la
poitrine. Le corps fut retrouvé au petit matin par un laitier à cent mètre
de sa maison où se trouvaient ses quatre enfants.
Les analyses montrèrent qu'elle avait un taux élevé d'alcool dans le sang
ce soir là.
La victime avait 28 ans et le meurtre ne semblait pas avoir de caractère
sexuel.
La police n'écarta pas la piste d'une agression commise par un voleur
puisque le sac de Wilma avait disparu.
Les recherches ne donnèrent rien. Il s'agissait en réalité
du premier assassinat d'une longue série qui allait jeter l'effroi dans
le cœur des femmes du nord de l'Angleterre.
Le
20 janvier 1976, en début de soirée,
Emily
Jackson et
son mari arrivèrent au Gaiety, un bar sur Roundhay Road dans le quartier
de Chapeltown où Emily, prostituée, racolait des clients. Quelques minutes
après Emily quitte son mari pour chercher un éventuel client.
Moins d'une heure plus tard on l'aperçoit monter dans une Land Rover sur
le parking : c'est la dernière fois qu'on la verra vivante.
Comme Wilma McCann, elle avait été frappée derrière la tête, de deux violents
coups de marteau.
Le cou, la poitrine est le ventre étaient lacérés au couteau mais cette
fois le tueur avait frappé plus d'une cinquantaine de fois et lui avait
planté un tournevis dans le dos.
Un inspecteur avoua avoir été pétrifié devant une telle horreur. Le plus
écœurant était la marque d'une semelle de grosse botte de caoutchouc imprimée
sur la cuisse droite de la victime, confia t'il. C'est d'ailleurs le seul
indice laissé par le meurtrier à la brigade policière qui détermina ainsi
sa pointure : il chaussait du 41.
Les analyses montrèrent qu'Emily avait eut des rapports sexuels avant
sa mort mais cela n'était pas forcément avec son meurtrier. Donc là encore
pas de mobile.
La police fit rapidement le lien entre les deux affaires. Un an s'écoula,
les deux horribles meurtres commençaient à s'estomper dans la mémoire
de la population.
Le
5 février 1977, Irène Richardson,
elle aussi prostituée, quitta sa modeste chambre pour aller danser.
Elle fut retrouvée morte le lendemain sur un terrain de sport de Soldier's
Field, non loin de Chapeltown.
Comme les précédentes, Irène avait le crâne défoncé par trois terribles
coups de marteau.
La jupe et les collants étaient déchirés, ses bottes avaient étaient retirées
puis placées contre ses cuisses, et son manteau lui recouvrait scrupuleusement
le corps dénudé. Le cou et le torse étaient lacérés de coups de couteau.
Les analyses montrèrent qu'il n'y avait pas eut de rapport sexuel.
La jeune femme était morte une demie heure après avoir quitté sa chambre.
Elle avait 28 ans.
Avec ce troisième meurtre, la presse ne fut pas longue à faire le rapprochement
avec l'autre tueur en série, un siècle auparavant, qui hante encore les
annales de la police aujourd'hui : Jack L'éventreur.
C'est ainsi que l'assassin de Wilma McCann, Emily Jackson et Irène Richardson
fut nommé " l'éventreur du Yorshire ".
Le
souvenir des évènements de Leeds restait présent dans l'esprit de la plupart
des filles mais deux mois s'étaient déjà écoulés depuis la mort d'Irène.
Patricia
Tina Atkinson, native de Bradford, habitait Oak Lane, ville voisine
de Leeds.
Un soir d'avril, Tina se rendit à son bar habituel, but plus qu'il n'en
faut en compagnie de ses amis et sortit titubante, juste avant la fermeture
du bar.
Le lendemain, ses amis qui la cherchaient, trouvèrent la porte de son
appartement ouverte.
Surpris ils entrèrent et trouvèrent le corps de Tina enseveli sous des
couvertures.
Tina avait reçu quatre coups de marteau dans le crâne. On l'avait jetée
sur le lit et déshabillée.
Elle avait reçu sept coups de couteau dans le ventre et elle était tailladée
sur le côté gauche.
Il n'y avait aucun doute sur l'identité présumé du tueur qui avait une
fois encore laissa sa marque : une empreinte de chaussure taille 41 sur
les draps identique à celle retrouvée sur Emily.
Le
25 juin 1977, vers 2 heures du matin alors qu'elle s'était
rendue chez des amis à Leeds et qu'elle rentrait chez ses parents,
Jayne MacDonald est frappée à la tête et traînée à vingt mètre
de la rue, puis frappée à nouveau.
Son corps est découvert le lendemain vers 10 heures par des enfants jouant
sur le terrain vague bordant Reginald Terrace.
Elle avait reçu un coup de couteau dans le dos et de multiples coups dans
la poitrine.
Les policiers firent immédiatement le lien avec " L'éventreur du Yorkshire
", un détail pourtant les inquiéta : Jayne n'avait que 16 ans, elle venait
de quitter l'école et travaillait au rayon chaussure d'un supermarché
du quartier. Jayne n'était ni une prostituée ni une dévergondée, cela
laissa perplexe la police.
Deux semaines après
la mort de Jayne MacDonald, l'éventreur s'attaqua à Maureen
Long dans un terrain vague près de sa maison de Bradford.
Elle survécut miraculeusement mais sa description de l'agresseur éclaira
assez peu les enquêteurs : 1 mètre 80, 36-37 ans, des cheveux descendant
dans le cou et un collier de barbe. Même si la police avait eut plus d'indice
sur l'assassin, cela aurait était difficile d'imaginer que le meurtrier
habitait une maison impeccable dans un quartier de la petite bourgeoisie,
qu'il était un bon époux, employé honnête et estimé.
Le
1er octobre 1977,
dans Moss side, à Manchester, Jean Bernadette Jordan
monta dans une Ford Corsaire rouge. Elle reçu cinq livres d'avance et
elle le guida jusqu'à un terrain vague fréquenté par les prostituées,
non loin de là. Juste après être sorti de la voiture, elle reçu un grand
coup de marteau sur l'arrière du crâne.
L'assassin s'acharna, la frappant onze fois d'affiler, puis, après avoir
tiré le corps dans les buissons, il fut surpris par l'arrivée d'une voiture
et dut s'enfuir rapidement.
Sur le chemin de retour, Peter pensa que le billet de cinq livres qu'il
lui avait donné était pouvait constitué un indice pour la police.
Pendant huit jours, Peter attendit. Le corps n'ayant pas été retrouvé,
il décida de retourner sur les lieux du crime afin de récupérer le billet.
Sur place, impossible de trouver le sac de la prostituée, Peter devient
fou et s'acharne sur le corps avec un morceau de verre.
Il tente même de lui trancher la tête, se disant ainsi que sans les coups
de marteau le crime ne lui soit pas imputé. Finalement il abandonna le
corps et rentra chez lui.
Le lendemain, le propriétaire d'un des jardins trouva le corps dénudé
de Jean Jordan et contacta le poste de police de Chorlton-cum-Hardy.
Le visage de la jeune fille est méconnaissable et ses vêtements en lambeaux
ne permettaient pas l'identification de la victime.
La disparition de Jean Jordan fut signalée au bout de dix jours.
Grâce à une empreinte sur une bouteille de soda retrouvée à son appartement,
on sut qu'il s'agissait bien du corps de Jean Jordan, 21 ans, mère de
deux enfants, arrêtée deux fois pour racolage.
La découverte du billet de cinq livres fit naître un espoir dans la brigade
de police.
La banque d'Angleterre établit rapidement que le billet n° AW51 121565
faisait partie de sommes remises aux agences de Bingley et de Shipley
de la Midland Bank. Celles-ci purent produire les 5 493 noms de ceux qui
étaient susceptibles d'avoir reçu le billet dans leur salaire, l'un des
noms était Peter Sutcliffe.
Mais trois mois plus tard toujours aucun résultat, malgré le fait que
Peter ait été interrogé par l'un des 5 000 hommes de la police.
Accueillant et poli, il n'éveilla pas les soupçons.
Helen
Rytka partageait
une chambre miteuse à Huddersfield près d'un viaduc d'autoroute, avec
sa sœur jumelle Rita. Toutes deux se prostituaient, mais depuis les meurtres,
prenaient des précautions, en effet elles travaillaient près de toilettes
publiques, lorsque l'une d'entre elles était prise en voiture, elle consacrait
exactement vingt minutes au client, et elle devait retourner ensuite aux
toilettes. Elles notaient en outre le numéro de la plaque d'immatriculation
de la voiture dans laquelle l'autre était montée. Le
31 janvier 1978, Helen revint cinq minutes plus tôt que prévu,
à 21 heures 25.
Un homme barbu, dans une Ford rouge, lui offrit cinq livres de plus, Helen
accepta et parti sans attendre sa sœur.
Helen conduisit l'étranger près de l'entrepôt de bois Garrard , à proximité
du viaduc fréquenté la nuit par les clochards et les prostituées.
Contrairement à son habitude, Peter Sutcliffe eut des rapports sexuels
avec Helen, peut être parce que la présence sur les lieux de deux hommes
avait retardé le moment des coups de marteau. Une fois retourné dans la
voiture, Peter frappa Helen mais manqua son premier coup, heurtant la
porte de la voiture.
Au second il la toucha à la tête. Il frappa encore à cinq reprises. Le
mur de l'entrepôt fut éclaboussé de sang. Le corps d'Helen fut traîné
et camouflé près d'une pile de bois et ses vêtements dispersés aux alentours.
Lors de la découverte macabre du corps, on nota que son soutien-gorge
et son polo noir étaient remontés au-dessus des seins, comme chez les
autres victimes et qu'elle avait encore ses chaussettes.
Un camionneur avait retrouvé sa culotte de dentelle noire, un peu avant
la découverte du corps. Il l'avait clouée sur la porte de l'entrepôt.
Helen était horriblement marquée, son assassin avait ouvert trois larges
plaies sur sa poitrine, en s'acharnant à coups de couteau. Le buste portait
aussi des traces de griffures. L'éventreur avait rencontré Helen dans
une rue très passante, des gens l'ont probablement aperçu, pensa la police
mais cela ne donna rien.
Quelques
semaines plus tard, le 26 mars 1978,
un passant vit un bras dépasser sous un vieux canapé retourné, dans un
terrain vague, le long de Lumb Lane, dans le quartier chaud de Bradford.
Il pensait que c'était un mannequin mais comme une odeur pestilentielle
se dégageait, il préféra alerter la police.
Il s'agissait du corps d'Yvonne Pearson.
Yvonne Pearson était une prostituée. Elle avait été tué dix jours avant
Helen Rytka d'un coup porté à la tête avec un instrument arrondi, on lui
avait piétiné la poitrine, le soutien-gorge et le pull était remontés,
et du crin provenant du canapé était enfoncé dans sa bouche. Tout comme
pour le meurtre Jean Jordan survenu quatre mois plus tôt, le meurtrier
semble être revenu sur les lieux du crime puisqu'il y avait, placé sous
le bras de la victime, un numéro du Daily Mirror daté de quatre semaines
après la mort.
Deux
mois après la découverte du corps d'Yvonne Pearson, Véra
Millward, 41 ans fut retrouvée morte sous un réverbère, dans le
parc de l'Hôpital de Manchester. L'éventreur la frappa trois fois à la
tête avec son marteau et lui taillada sauvagement le ventre.
D'origine espagnole, Véra, mère de sept enfants, était arrivée en Angleterre
après la guerre en tant que bonne à tout faire. Ensuite s'était installée
avec un jamaïcan dans Greenham avenue et s'était prostituée pour subvenir
aux besoins de sa famille.
La nuit du 16 mai, son mari pensa
qu'elle était sortie pour acheter des cigarettes et aller chercher des
médicaments à l'hôpital pour ses douleurs d'estomac chroniques. C'est
un jardinier qui découvrit le corps, à 8 heures le lendemain matin, derrière
un tas de déchets dans un coin du parc, contre une clôture. Elle était
partiellement recouverte d'un manteau gris et un morceau de papier cachait
le visage défiguré. La police offrit une récompense de 15 000 livres pour
toute information. Tous les policiers de l'équipe d'Oldfield étaient persuadés
que l'homme qu'ils cherchaient habitait l'ouest du Yorkshire.
Depuis
la fin de l'année 78, en l'espace d'un an même pas, les inspecteurs avaient
rendu visite à l'éventreur quatre fois.
Les deux première fois à propos du billet de cinq livre. Trois
mois après la mort de Véra Millward, ils l'interrogèrent à nouveau parce
que le numéro de sa voiture avait été relevé lors de contrôles effectués
à Leeds et à Bradford.
La quatrième fois, Sutcliffe fut questionné au sujet des pneus de sa voiture.
La police recherchait en effet un dessin de pneumatiques correspondant
aux traces relevées lors du meurtre d'Irène Richardson, presque deux ans
plus tôt.
Comme à son ordinaire, Peter fut très calme et coopératif, ne laissant
absolument rien paraître.
La police ne vérifia même pas son groupe sanguin (assez rare) et sa pointure
(petite pour un homme) qui étaient pourtant les deux seuls indices relatif
au meurtrier.
Durant
les onze mois qui suivirent, l'éventreur du Yorkshire ne fit plus parler
de lui. Tout le monde pensait que, tout comme Jack l'éventreur, il avait
emporté son secret avec lui et qu'on n'entendrait plus jamais parler de
lui.
En
Mars 1978, deux lettres arrivèrent au poste de police, l'une
d'elle est adressée à George Oldfield, l'autre au rédacteur en chef du
Daily Mirror de Manchester.
Les lettres avaient été postées cinq jours auparavant depuis Sunderland
dans le comté de Durham sur la mer du Nord.
Leur authenticité était loin d'être manifeste dans la mesure où l'auteur
donnait un chiffre erroné quant au nombre de victimes : elles avaient
été écrite après le meurtre d'Yvonne Pearson mais son corps n'avait pas
encore été retrouvé.
Un
an plus tard une troisième lettre arriva, elle avait été postée
avant la levée de 13 heures 45 le 23 mars 1979. Des experts en graphologie
confirmèrent que les trois lettres étaient de la même main.
Cette dernière lettre était convaincante dans la mesure où elle disait
que Véra Millward avait fait un séjour à l'hôpital.
Les inspecteurs pensèrent que ce renseignement n'avait pu être donné que
par Véra elle même.
Le troisième message laissait entendre que le prochain meurtre pourrait
bien avoir lieu à Bradford puisque Chapeltown était devenu " sacrément
trop risqué " à cause " des satanés flics ". Les lettres avaient un ton
sarcastique et sadique qui faisait penser aux lettres laissées par Jack
L'éventreur.
Deux
semaines plus tard,
Joséphine
Whitaker est
assassiné à Halifax, c'est la deuxième victime qui n'était pas une prostituée.
Le 4 avril 1979, Sutcliffe fit la
route de Bingley à Halifax. Peu avant minuit, il descendit de voiture
et accosta Joséphine Whitaker, 19 ans, qui traversait le terrain de sport
de Savile Park. Il engagea la conversation puis, comme ils s'éloignaient
des lumières de la rue, il lui asséna un terrible coup de marteau au bas
du crâne et traîna son corps dans l'ombre.
On retrouva le corps de Joséphine le lendemain matin.
Comme Jayne MacDonald, Joséphine était une fille honnête, vivant chez
ses parents et travaillant comme employée au siège d'une grande entreprise
de construction, la " Halifax Building Society ". Ce meurtre démontra
à la police que l'éventreur ne se limitait pas aux agressions de prostituée,
n'importe quelle femme qui sortait la nuit pouvait être sa proie. Dès
lors, il y eut un couvre feu pour les femmes du nord de l'Angleterre.
Durant tout ce temps,
Peter Sutcliffe trompait sa famille et ses amis de façon stupéfiante.
Il allait chercher sa femme au travail pour la protéger du tueur, et il
déclara à un de ses collègue que " celui qui tue ainsi, quel qu'il soit,
aura des comptes à rendre ".
Peter laissa mariner la police tout au long de l'été 1979.
Le
matin du 18 juin 1979, deux mois après la mort de Joséphine
Whitaker, une enveloppe kraft fut déposée sur le bureau d'Oldfied.
Elle contenait une cassette noire d'une qualité médiocre sur laquelle
se trouvait un message audio de 257 mots prononcé par un individu ayant
un fort accent du nord-est de l'Angleterre. Bien qu'Oldfield voulut garder
l'enregistrement secret, Ronald Gregoru estimait que le coupable serait
vite identifié si la bande était diffusée sur les ondes. Tout le monde
pu entendre, la voix de " l'éventreur de Geordie ", en quelques jours,
plus de 50 000 appels téléphoniques parvinrent à la police.
George Oldfield fit appel à des spécialistes en linguistique de l'Université
de Leeds, Stanley Ellis, un des meilleurs experts en dialectiques locaux,
et Jack Windsor Lewis, maître de conférence au département linguistique
et phonétique. Ils établirent rapidement que l'accent enregistré sur la
cassette était caractéristique de la région du Wearside et le localisèrent
dans la ville de Castletown, banlieue populaire de Sunderland. Les policiers
du Yorkshire se déplacèrent, vingt inspecteurs et cent hommes furent installés
dans la ville. La petite ville de Castletown, avec ses 4000 habitants
fut passée au peigne fin. La police locale émit des doutes et pensa qu'il
s'agissait d'un canular.
En
juillet, Peter reçut la visite de l'inspecteur Laptew, parce
que sa voiture avait été repérée trente six fois dans la zone de Lumb
Lane.
Le policier sentit qu'il y avait quelque chose de suspect chez Peter mais
comme les recherches étaient centrées sur le nord-est, ses remarques restèrent
sans effet.
Les deux experts en
linguistique, Lewis et Ellis, exprimèrent aussi leur scepticisme et essayèrent
de convaincre la police de ne pas abandonner les autres pistes.
Ils ne furent pas entendus et la police du Yorkshire continua à se consacrer
uniquement à la traque de l'éventreur de Geordie.
L'acharnement de la police à rechercher l'assassin dans le nord-est signifia
l'abandon de tous les autres suspects, y compris le barbu de Bradford
impliqué dans l'affaire du billet de cinq livre, dont le numéro de voiture
avait été relevé dans les quartiers concernés par les meurtres et qui
avait été interrogé à quatre reprises.
Le
1er septembre 1979, Peter arpente les rues du quartier de Little
Horton. A une heure du matin il croise Barbara Leach,
étudiante en seconde année de sociologie, qui se sépare de ses amis devant
le pub Mannville Arms, sur Great Horton Road. A moins de deux cent mètres
de là, il l'agresse et la traîne dans une arrière cour. Là, il la frappe
de huit coups de couteau et laisse son corps dans le coin des poubelles
après l'avoir recouvert d'un vieux tapis qui se trouvait sur les lieux.
Barbara ne fut retrouvée que le lendemain après midi.
Scotland Yard envoya
deux inspecteurs dans le Yorkshire pour faire avancer l'enquête.
Ils regagnèrent Londres au bout d'un mois, sans avoir fait progresser
l'enquête.
Les policiers de Manchester retournèrent quant à eux à Bradford pour reprendre
la piste du billet de cinq livres.
Ils réussirent à limiter à 270 le nombre de suspects.
Le
18 août 1980, Peter rejoint Farsley, un faubourg de Leeds et
tue pour la douzième fois.
Maguerite Walls avait 47 ans, elle travaillait
pour le ministère de l'éducation et des sciences.
Ayant des dossiers en retard, Marguerite avait décidé de rester plus tard
au bureau. Elle sortit vers 22 heures pour faire à pied les deux kilomètres
qui la séparaient de son domicile. Deux jours plus tard, on retrouva son
corps sous un tas de broussailles et de déchets, dans un coin boisé de
la propriété d'un magistrat. Elle avait été assommée et étranglée. Son
corps n'avait pas était mutilé, ce fait amena la police à refuser de porter
le meurtre sur le compte de l'éventreur.
Trois
mois plus tard, Jacqueline Hill,
étudiante en langues à l'Université de Leeds, descend en bus à Otley Road,
juste en face d'un fast food, à l'enseigne du Kentucky Fried Chicken.
Elle arrive presque à Lupton Flats, une cité universitaire, lorsque Sutcliffe,
les doigts encore graisseux des frites qu'il venait de manger la frappa
violemment par derrière. Il traîna le corps dans un terrain vague, derrière
les boutiques, et s'acharna dessus. La mort avait frappé si soudainement
Jacqueline qu'un de ses yeux était resté ouvert, Sutcliffe poignarda à
plusieurs reprises cet œil accusateur.
Après 5 ans de terreur,
les femmes perdirent patience et manifestèrent leur mécontentement dans
la rue.
La colère du public se tournait contre l'impuissance de la brigade policière
qui accumulait les témoignages et les informations sans pouvoir les exploiter.
Les analyses de l'enveloppe montrèrent que le suspect était du groupe
sanguin B, assez rare puisque seulement 6 % de la population sont de ce
groupe.
A ce moment, les policiers étaient persuadés que l'éventreur était responsable
du meurtre de Joan Harrison, à Preston dans le Lancashire, trois semaines
après le premier assassinat sur la personne de Wilma McCann. Le sperme
retrouvé sur le corps de Joan Harrison indiquait que l'assassin était
du groupe B.
Peter Sutcliffe était du groupe B mais il n'était pas allé à Preston et
il n'avait pas non plus l'accent du Sunderland. Il ne fut donc pas soupçonné.
Jusqu'à ce jour, l'auteur du canular est resté inconnu, ceci a conduit
la police sur une fausse piste, ce qui retarda et handicapa fortement
la police dans l'arrestation du coupable. Cet homme du Sunderland est,
en un certain sens, aussi responsable de la mort des trois dernières victimes
de l'éventreur que s'il avait lui-même tenu le marteau.
Le
2 janvier 1981, le sergent Robert Ring et le policier Robert
Hydes commencent leur ronde de nuit.
Dans une rue du quartier des prostituées ils virent Olivia Reivers monter
dans une Rover V8 3500. Ils hésitèrent à intervenir pour racolage.
Le chauffeur, trapu et barbu, déclara se nommer Peter Williams et être
propriétaire de la voiture. Il descendit précipitamment et demanda à satisfaire
un besoin naturel pressant. Robert Ring acquiesça et l'homme se dirigea
vers les buissons. Dans l'obscurité, il sortit d'une poche de son manteau
un marteau à pannes rondes et un couteau, et les cacha dans les buissons.
L'homme revint vers la voiture. Les policiers s'étaient aperçus que les
plaques d'immatriculation étaient fausses et maquillées. Ils l'embarquèrent
au poste de police d'Hammerton Road pour l'interroger. L'homme,
s'appelle en réalité Peter William Sutcliffe.
Il était calme et disposé à parler, après avoir prétexté une nouvelle
fois un besoin urgent, Peter alla aux toilettes où il dissimula un second
marteau dans la chasse d'eau. Il admit qu'il avait volé des plaques d'immatriculation.
La police de toute la région avait reçu la consigne d'informer les inspecteurs
chargés de l'enquête sur l'éventreur, pour tout individu pris avec une
prostituée. Peter fut gardé à vue pour la nuit et
transféré au commissariat de Dewsbury le lendemain.
Lors des interrogatoires, il se montra loquace. Il déclara qu'il était
routier et qu'il effectuait de fréquents trajets vers le nord-est.
Incidemment, il mentionna qu'il avait été questionné par les inspecteurs
chargés de l'enquête sur l'éventreur, à propos du billet de cinq livres
et de ses fréquentes visites dans le quartier chaud de Bradford. La police
de Dewsbury téléphona aux inspecteurs de Leeds.
Le brigadier O'Boyle découvrit rapidement que le nom de Sutcliffe était
revenu plusieurs fois au cours de l'enquête. Il sauta dans une voiture
pour parcourir les 12 kilomètres séparant Leeds de Dewsbury.
A six heures du soir, O'Boyle fut suffisamment intrigué par Sutcliffe
pour prévenir son supérieur, John Boyle. Celui-ci s'aperçut que l'homme
était du groupe B et il se précipita également à Dewsbury. Sutcliffe
passa une seconde nuit en cellule.
Robert Ring, entendit dire que le conducteur de la Rover était toujours
retenu à Dewsbury. Il se précipita à Melbourne avenue où il retrouva au
bout de quelques minutes de recherche un marteau à pannes rondes et un
couteau. Le brigadier Peter Smith, qui avait été un des premiers sur l'affaire,
fut convoqué.
Il se rendit, en compagnie de Boyle, chez Sutcliffe, dans la maison de
Garden Lane, tous deux interrogèrent sa femme Sonia dans une pièce du
bas tandis que des agents fouillaient la maison.
Toute la matinée du dimanche, Boyles interrogea Sutcliffe sur divers sujet
sans aborder les meurtres de l'éventreur.
Au début de l'après midi, il parla du marteau et du couteau trouvé à Sheffield.
Peter demeura silencieux.
Boyle le poussa : " je crois que vous allez avoir des ennuis, de sérieux
ennuis ". A quoi Peter répondit : " je crois que
vous avez trouvé l'éventreur du yorkshire ".
Boyle resta calme : " l'éventreur ? que voulez-vous dire ? " " c'est moi
" dit Sutcliffe Il reconnut avoir tué onze femmes mais nia avoir assassiné
Joan Harrison et envoyé la cassette de Sunderland. Pendant un jour et
demi, Boyle et Smith recueillirent la confession de Sutcliffe. Il fallut
en tout dix sept heures. Quand les policiers lui demandèrent pourquoi
il tuait, il répondit qu'il avait commencé à tuer en 1969 parce qu'une
prostitué l'avait escroqué de dix livres. Il n'avait pas eut de rapport
sexuel avec la fille, mais celle-ci le roula : " je me sentais offensé,
humilié et embarrassé. Une haine m'envahit pour les filles de son espèce
".
Avant même la mise en accusation, l'avocat de la
Couronne, celui de la défense et le procureur général étaient tombé d'accord
sur l'état de déficience mental dont souffrait Sutcliffe : la schizophrénie
paranoïde.
Peter Sutcliffe allait tout simplement être interné.
Le juge Boreham ne l'entendait pas de cette oreille. Il insista sur le
fait que le jury devrait se prononcer, au nom des sujets de sa Majesté,
sur la folie ou la culpabilité de Sutcliffe. Peter plaida l'irresponsabilité.
Il était calme et posé. Sa voix trembla à peine lorsqu'il évoqua ses meurtres.
Il se laissa même aller à un petit rire quand il parla du moment où il
avait été interrogé sur les bottes de caoutchouc et les empreintes laissées
sur la cuisse de deux victimes : Emily Jackson et Tina Atkinson.
C'est justement ces mêmes bottes qu'il portait lors de l'interrogation.
Tout au long de son procès, il ne cessa de proclamer qu'il avait suivi
les injonctions de Dieu.
Pour
le jury la question était simple : Peter était fou comme le prétendait
la défense ou bien c'était un sadique sexuel comme l'affirmait l'accusation.
Le 22 mai, le verdict tomba : Peter fut déclaré
coupable de treize meurtres et de sept agressions.
Le juge prononça une sentence de prison à perpétuité,
assortie d'une peine de sûreté de trente ans.
Il fut incarcéré au quartier de sécurité de la prison de Parkhurst, dans
l'île de Wight.
En janvier 1983, Peter est agressé par un autre détenu, on lui fit 84
point de suture. Dix mois après son visage porte encore de graves traces.
En mars 1984, il est transféré au pavillon 1 de l'hôpital psychiatrique
de Broadmoor, Somerset House, dans le Berkshire.
Son état mental s'est détérioré au point qu'il est souvent totalement
incohérent.
Portrait
de Peter Sutcliffe :
Fils
de John et Kathleen Sutcliffe, Peter Stutcliffe était un enfant sans problème.
A sa naissance il ne pesait que 2,2 kg, c'était un enfant chétif toujours
attaché à sa mère.
En 1949, on l'envoya au catéchisme où il se fit beaucoup d'amis. Cependant,
à de plusieurs reprise il fit l'école buissonnière car il ne supportait
pas que les autres élèves le chahutent et le rejettent.
A 15 ans, l'âge où les garçons commencent à s'émanciper, Peter était encore
excessivement attaché à sa famille, et plus particulièrement à sa mère.
Il passait des heures dans la salle de bain, sans pour autant montrer
un quelconque intérêt pour les filles de son âge.
Il lui arrivait également de s'enfermer deux ou trois heures dans les
toilettes.
Quand il s'asseyait, il se tenait raide, ne bougeant que les yeux quand
on lui parlait, comme s'il avait le torticolis alors qu'il n'en était
rien.
Peter trouva un emploi, fossoyeur au cimetière de Bingley.
Jeune homme, il se mit à pratiquer de la musculation, adopta un régime
alimentaire stricte et fréquenta une salle de sport.
Mais en dépit du sport, Peter n'en restait pas moins
" différent " au yeux de ses frères et sœurs. Il était doué et assez beau,
mais les amies de ses sœurs n'étaient pas attirées par lui.
Un soir il rencontra une jeune fille du nom de Sonia dans un pub où il
avait l'habitude d'aller.
Sonia, jeune lycéenne de 16 ans, aux cheveux bruns, était calme, réservée
et introvertie tout comme Peter.
Le dimanche Peter et Sonia, restaient de longues heures à discuter dans
la salle de séjour.
Ce n'est qu'au bout de 8 ans de fiançailles que Peter et Sonia se marièrent.
Après avoir vécu 3 ans dans la maison des parents de Sonia, Peter fut
le premier des Sutcliffe depuis trois générations, à quitter Bingley pour
emménager dans une petite maison du quartier d'Heaton, à Bradford.
Les
Sutcliffe y allèrent quelques fois en visite mais ils n'avaient pas l'impression
d'être les bienvenus.
Mick, le frère de Peter, et Sonia se détestaient
ouvertement. Malgré cela, Peter était toujours très proche de sa mère
et considérait qu'elle souffrait de la tyrannie de son mari, qui était
très dominateur et qui avait une tendance à l'alcoolisme.
Cependant, avant de quitter la demeure familiale, Peter perdit ses illusions
sur la pureté de sa mère le jour où son père découvrit qu'elle avait une
liaison avec un voisin, un agent de police.
John Sutcliffe organisa à l'insu de sa femme, une confrontation dans un
bar de Bingley où Kathleen avait rendez vous avec son amant.
Il lui fit honte devant ses enfants. Peter avoua à son père qu'il comprenait
sa colère étant donné que sa femme, Sonia avait eut un amant.
Quelques mois plus tard, en cette année de 1969, Peter commit sa première
agression.
A la suite d'une dispute, il frappa violemment une
prostituée de Bradford à la tête au moyen d'une pierre placée dans une
chaussette.
Après
le procès de son fils, John Sutcliffe déclara que c'était la liaison de
sa mère qui avait perturbé Peter et éveillé en lui " l'éventreur du Yorkshire
".
" Il a vraiment été secoué. Il adorait sa mère, et je crois que ce que
j'ai fait alors lui a fait perdre la tête ".
Dossier
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M.M.
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