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Le
phénomène "Serial Killers"
Serial
killer : définition
Le
serial est un récidiviste du meurtre. Pendant des mois, parfois
des années, il tue, avec un certain intervalle de temps entre ses
crimes. On parle habituellement de tueur en série lorsque celui-ci
commet plus de trois meurtres. La spécificité de ce genre
d'assassin réside dans cette boulimie de meurtres qui le différencie
du tueur passionnel, lequel ne tue en général qu'une fois,
ou même du tueur de masse ("mass murderer" aux Etats-Unis)
qui exécute en peu de temps un grand nombre de personnes. Les tueurs
de masse sont très souvent des malades atteints de psychose. Les
serial killers, ces criminels qui tuent en série, sans mobile évident,
le plus souvent travaillés par des instincts sexuels, se divisent,
la plupart du temps, en deux catégories : les psychopathes ou tueurs
organisés qui représentent environ 90% des serial killers
et qui sont conscients de leurs actes; enfin, les psychotiques, les "fous"
ou tueurs désorganisés qui sont une minorité et qui
ont très souvent des antécédents psychiatriques.
Les serial killers, dans leur définition actuelle, ne comprennent
pas les terroristes, ni les tueurs à gages que poussent le fanatisme,
la politique ou l'argent.
Serial
killer : prolifération
S'il
reste très faible, y compris aux Etats-Unis, le nombre des serial
killers est en augmentation à travers le monde, même s'il
faut tempérer cette progression à la lumière de deux
paramètres : depuis quelques années, les policiers parviennent
mieux à relier entre eux des crimes qui semblaient isolés
par le passé et l'importance accrue accordée par les médias
au phénomène des serial killers. Les Etats-Unis ne sont
plus l'unique pourvoyeur de tueurs en série, bien que la prédominance
à l'échelle planétaire des médias américains
et les innombrables oeuvres de fiction cinématographiques ou télévisuelles
( "X Files", "Profiler" ou "Millennium")
issues de l'imagination des scénaristes hollywoodiens aient tendance
à nous faire croire qu'un serial killer est tapi à chaque
coin de rue pour décimer des hordes de teenagers.
Serial
killer : mondialisation
De nombreux
pays de l'ancien bloc communiste, tels que la Russie, l'Ukraine, la Pologne
ou la Hongrie, ont révélé en leur sein de nombreuses
affaires qui étaient autrefois cachées sous le manteau d'une
censure impitoyable. Certaines nations européennes comme la Suède
(plus de trente cas reconnus depuis la fin des années 60), la Norvège,
la Belgique, l'Autriche ou la France ont institué des unités
spécialisées de "profilers" (policiers qui établissent
un portrait psychologique du tueur à partir d'indices) pour tenter
d'enrayer la progression des crimes sexuels. D'autres continents, à
l'image de l'Amérique du Sud ou de l'Afrique, dont on ignorait
tout jusqu'à présent, démontrent l'universalité
des tueurs en série. Ainsi, l'Afrique du Sud a identifié
près d'une trentaine de serial killers différents depuis
1994. Au niveau européen, on s'attend à une augmentation
certaine des serial killers nomades qui tuent des victimes dans plusieurs
pays différents. Citons Peter Franz (Allemagne et France), Jack
Unterweger (Autriche, Tchécoslovaquie, Etats-Unis) ou René
Osterwalder (Suisse, Hollande). Avec la libre circulation, on assistera
sans doute à la naissance de quelques serial killers très
mobiles qui, à l'instar de leurs collègues américains
comme John Fautenberry, Oscar Ray Bolin, Jr ou Robert Rhoades, choisiront
le métier de routiers pour assouvir leurs fantasmes mortels ...
Serial
killer : fiche signalétique
Il convient
de se méfier beaucoup des catégorisations trop simplistes
: parmi la quarantaine de tueurs étudiés, tous sont différenciés,
même s'ils partagent un certain nombre de paramètres communs.
La plupart du temps, le serial killer est un psychopathe sadique sexuel.
En d'autres termes, c'est quelqu'un de très organisé qui
prépare avec soin ses crimes et dont les victimes inconnues sont
choisies suivant un type spécifique. Il se rend parfaitement compte
de la portée de ses actes et il n'éprouve pas le moindre
remords, une caractéristique partagée par tous les serial
killers étudiés. Tous, sauf un, affirment qu'ils recommenceraient
leurs crimes s'ils étaient relâchés. Contrairement
à l'avis d'un certain nombre de psychiatres, ce type de criminels
n'a aucune envie de se faire prendre, mais, parfois, au fur et à
mesure que progresse leur série meurtrière, ils se croient
invulnérables et ils commettent des erreurs qu'ils évitaient
précédemment.
Serial
killer : un tueur froid et méthodique
Aux yeux
du tueur, la victime n'est rien ou, tout au plus, un objet destiné
à satisfaire ses fantasmes. Tuer, torturer ou mutiler lui cause
autant de remords que jeter un mouchoir en papier usagé pour tout
un chacun. Dans sa tête, il a déjà fantasmé
et planifié son crime des centaines de fois avant de passer à
l'acte. Il emmène avec lui un "kit du crime" qu'il a
préparé à l'avance et qu'il prend soin de remporter
avec lui. Comme la plupart des sadiques sexuels, c'est un homme très
mobile qui bouge beaucoup, socialement compétent, du moins en apparence,
car il est capable d'arborer un masque de normalité et de ne pas
effaroucher ses victimes, et il connaît parfaitement le lieu du
crime. Cet homme n'a pas d'emploi stable car il est impossible de mener
de front un plan de carrière et une existence d'obsession meurtrière.
L'homme est un lâche, incapable du moindre sentiment, il est assez
intelligent, au point de manipuler ses victimes et son entourage. C'est
quelqu'un qui suit de près les articles dans la presse. Le serial
killer connaît très bien son "terrain de chasse":
ses victimes le font "flasher" et il les a intégrées
dans ses fantasmes.
Serial killer : un parcours ritualisé
Quel
est son scénario ? Il agit d'abord sous l'emprise d'une effroyable
colère vis-à-vis des victimes, colère qui se sexualise.
Ce qui compte pour lui, ce n'est pas tant l'acte de tuer, mais la dégradation,
l'humiliation, la terreur et le contrôle qu'il exerce sur la victime.
Au fur et à mesure de la progression des crimes, son mode opératoire
peut évoluer, ainsi que la "signature psychologique"
de ses actes. Ceux-ci, s'ils sont répétitifs, sont aussi
évolutifs. Le serial killer garde sur lui des objets fétiches
qu'il considère comme des totems et qui lui permettront de revivre
ses crimes, une fois rentré chez lui. Ces objets dérobés
aux victimes - qu'ils s'agisse de sacs, bijoux, montres, etc. - deviennent
pour lui des "objets sacrés" qui lui servent à
se satisfaire sexuellement quand il ne commet pas de crimes. C'est un
autre aspect de ce besoin de contrôle qu'il manifeste et qui progresse
au fur et à mesure des meurtres. L'expérience de ce genre
d'individus indique qu'ils ont presque toujours des antécédents
criminels ou pénaux, même s'ils ont pu échapper aux
mailles du filet. Le serial killer ne démarre jamais de plain-pied
une carrière avec un assassinat. Il connaît une lente progression
depuis l'enfance qui peut, selon les cas, inclure des actes de pyromanie
ou/et de torture envers les animaux ou d'autres enfants, des vols, des
violences, des cambriolages, parfois teintés de fétichisme,
et des faits de voyeurisme ou d'exhibitionnisme.
Entre
réalité et fiction :
Les films
inspirés de cas réel de meurtres en série sont nombreux,
pour ma part j'ai recensé près de 900 films ou téléfilms
sur le sujet, et ceci sans prendre en compte les versions fantastiques
telles que "Vendredi 13" ou encore "Halloween".
La criminologie suscite
un engouement rarement égalé ces dernières années,
les films sur le thème des serial killers ne cessent d'augmenter,
cela est devenu un effet de mode dû à la trop grande médiatisation
du sujet, les jeunes adolescent s'identifie à ces tueurs et on
assiste à un recrudescence de meurtres. Le tueur en série
le plus adapté à l'écran est sans aucun doute Jack
l'éventreur. peut être parce que c'est le premier grand serial
killer de l'histoire de l'humanité et qu'il défraya la chronique
par l'atrocité de ses crimes.
Ed
Gein inspira le personnage de Buffalo Bill dans "le silence des
agneaux" ainsi que deux autres films célèbres : "Psychose"
et "massacre à la tronçonneuse" de même
qu'une multitude de téléfilms ou de court métrage
comme "Ed Gein : american maniac" un documentaire de 26 minutes
produit en 1981. "Deranged" réalisé par Jeff Gillen
en 1974 est le film qui se rapproche le plus de l'histoire d'Ed Gein même
si le nom du personnage est transformé en Ezra Cobb. On attend
aussi un nouveau film "Ed Gein" qui était annoncé
pour Janvier 2001 en France et qui retrace la vie du criminel....
Gary
Heidnik il a probablement inspiré la séquence du puits
où Buffalo Bill garde ses prisonnières dans "le silence
des agneaux" de Jonathan Demme. Puisque lorsque ce serial killer
s'estimait insatisfait des performances sexuelles de ses victimes, il
les jetait dans un trou du fond de sa cave rempli d'eau glacé et
dans lequel il plongeait, parfois, un câble électrique. On
peut aussi penser que le tueur que traque Morgan Freeman dans "le
collectionneur" s'inspire également de Gary Heidnik car les
tueurs en série qui gardent aussi longtemps leurs victimes sont
des exceptions dans l'histoire de la criminalité.
Jack
l'éventreur est le serial killer le plus adapté au cinéma
depuis 1915 avec plus de quarante apparitions : "the lodger",
"lulu", "mack le couteau", "locataire",
"room to let", "Here come the girls", "El hombre
sin rostro", "Man in the Attic", "yours truly, jack
the ripper", "the thistle killer", "A study in terror","Murder
by Decree", "Jack the ripper", "Jack el destripador
de Londres", "Terror in the wax museum"...
Ed
Kemper inspire à Thomas Harris le personnage de Hannibal Lecter
dont il garde les traits de manipulateur, d'expert en psychiatrie et d'intelligence
extrême. Ed kemper est aussi mentionné dans "The boys
next door" et dans Copycat" réalisé par Jon Amiel
avec Sigourney Weaver et harry Connick Jr.
Henry
Lucas inspires le film "Henry portrait of a serial killer"
dans lequel sa vie est retracé dans ses grands traits. Le nombre
impressionnant de victimes qu'a fait Henry est tellement important qu'il
serait difficile de reconstituer son parcours criminel avec exactitude.
Albert
DeSavlo inspire le film "L'étrangleur de Boston",
film interpréter à l'écran par Tony Curtis.
Les tueurs en séries
sont la sources d'inspiration des scénaristes cinématographiques
d'aujourd'hui, la plupart des thrillers s'inspirent directement de loin
ou de près de cas réels. La typologie des crimes réels
est si étendu qu'il serait difficile d'innover dans cette matière.
En général les réalisateurs mêlent et additionnent
des comportements distincts, voire très disparates de serial killer
pour amplifier l'horreur et l'originalité, mais c'est parfois incohérent
et bien loin de la psychologie criminelle
Dossier
artezia ©
M.M.
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