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Marcel
Petiot
17
Janvier 1897 - 25 Mai 1946
Marcel
André Henri Félix Petiot est né le 17 janvier 1897
à Auxerre (dans lYonne).
C'est un enfant dissipé mais intelligent : à 5 ans, il lit
comme un enfant de 10 ans ; c'est un enfant plutôt solitaire.
A 8 ans on le surprend en train distribuer des photos obscènes
en classe.
A 11 ans, il vole le revolver de son père et tire un coup de feu
en plein cours d'histoire.
Ses parents s'inquiètent, consultent plusieurs médecins
mais à la mort de sa mère, en 1912, son père qui
travaille à Joigny, le confie avec son frère, à une
tante. Quelques mois plus tard, renvoyé de l'école pour
indiscipline, Marcel est de retour chez son père, il intègre
l'école de Joigny mais s'en fera exclure aussi.
A 17 ans, il se fait arrêté pour avoir volé le contenu
d'une boîte postale.
Un psychiatre le déclare inapte à subir un procès
à cause de problèmes personnels et héréditaires.
Confié à une institution spécialisée de
Paris pour les cas difficiles, il finit par compléter ses études
en juillet 1915.
Marcel a alors 19 ans mais la guerre éclate et il est enrôlé
dans l'infanterie en janvier 1916 et envoyé au front en novembre.
Six mois plus tard, il est blessé mais son comportement à
l'hôpital est si bizarre qu'on l'envoie dans une clinique pour malades
graves. Trouvé coupable d'avoir volé des couvertures, il
fait un séjour dans une prison militaire à Orléans
puis de là est transféré dans l'aile psychiatrique
d'un hôpital à Fleury-les-Aubrais.
Les médecins qui le soignent le déclarent atteint de déséquilibre
mental et de neurasthénie, de dépression paranoïaque,
et enfin d'être enclin à des phobies. Encore une fois, il
est libéré pour cause de folie sauf que l'armée ne
le libère pas tout de suite. Il est renvoyé au front en
1918 où il fait une «dépression nerveuse» allant
jusqu'à se tirer une balle dans le pied. Au diagnostique précédent,
on ajoute amnésie et somnambulisme.
En septembre 1920, son cas est jugé trop grave et on le libère
avec pleine pension avec la suggestion qu'il soit immédiatement
renvoyé vers un asile pour aliénés sauf que Petiot
s'y trouvait déjà. Non pas en tant que patient mais en tant
que médecin.
Grâce à des cours accélérés, il avait
en effet réussi, en tant qu'ex-militaire à compléter
des études en médecine en l'espace de quelques mois et il
est à faire son internat à Évreux. Le 15 décembre
1921, il est reçu médecin, son diplôme étant
de la Faculté de Médecine de Paris.
A
l'âgé de 25 ans, Marcel Petiot ouvre un cabinet de médecin
à Villeneuve-sur-Yonne où il fait distribuer un feuillet
annonçant que, récemment diplômé, il était
plus apte que les deux vieux médecins de l'endroit à soigner
les «maladies modernes».
Il développe rapidement une clientèle qui lui est fidèle
et le pharmacien avec qui il s'est lié ferme les yeux sur le fait
que ses ordonnances sont plutôt axées vers des drogues qui
développent une certaine dépendance chez ses patients.
En 1926, il
surprend tout le monde en ayant une liaison torride avec la fille d'une
de ses patientes.
Quelques semaines plus tard, la maison de cette patiente est dévalisée
puis incendiée le jour même où la fille disparaît.
Plus tard, on retrouvera le corps décomposé d'une jeune
femme qu'on ne peut identifier, dans une valise au fond d'une rivière,
une valise qui ressemble étrangement à celle que le docteur
Petiot a longtemps utilisée dans ses déplacements. Ces «coïncidences»
ne semblent pas inquiéter outre mesure la police qui continue à
croire que la jeune Louise Daveleau a fait une fugue.
En juillet 1927,
il est élut maire de son village. Il resta maire plus de six
ans subissant plusieurs procès pour comptabilité irrégulière,
vol de biens publics, détournement de fonds qu'il traîna
d'appels en appels avant de déménager à Paris en
1933, rue Caumartin, non sans qu'un témoin important dans une affaire
de meurtre où on allait l'inculper meurt après lui avoir
rendu visite. Petiot signa lui-même le certificat de décès
en indiquant pour cause un anévrisme et non l'injection qu'il lui
avait faite quelques heures auparavant...
En 1942, une sombre
histoire de drogue lui est impliqué, il donne trop de morphine
a ses clients, mais les seuls témoins disparaissent. Il se met
à organiser des voyages clandestins, pour les juifs et tous
les autres persécutés.
En échange de leur argent, il leur promet lAmérique.
Il a aussi été accusé plusieurs fois de pratiquer
des avortements, de non déclaration de revenus, de fabrication
et d'usage de faux ; il blâme tous ces crimes sur le fait qu'il
n'est pas un comptable ni un secrétaire, que son premier souci
est de soigner ses patients. Une vingtaine de personnes se portent volontaires
pour témoigner sur sa grandeur d'âme et sa générosité.
Pourtant Marcel Petiot était tout autre....
Inconscients de ce
qui allait leur arriver, les patients du docteur entraient dans le cabinet
et n'en ressortait jamais. Bien qu'aucune trace n'ai été
trouvé, on suppose qu'il leur injectait une dose mortelle de poison
en les "vaccinant" et une fois qu'ils étaient bien morts,
il les dépouillait de tout ce qu'ils avaient amené avec
eux, les découpait puis les brûlait ou les jetait tout simplement
dans la Seine.
En 1943, La Gestapo,
police Allemande, ayant eu vent de ce réseau sintéresse
à lui et tente de l'infiltrer mais sans succès : ses
agents doubles disparaissaient au fur et à mesure qu'ils entraient
en communication avec le docteur «Eugène» (faux nom
du docteur Petiot). En désespoir de cause, la police le fait arrêter
en mai 1943 mais ne put en tirer quoi que ce soit, même sous la
torture, Petiot ne pouvant naturellement pas dévoiler les noms
des membres de son «réseau» puisqu'il n'y en avait
aucun.
On le relâcha, faute de preuve quelques semaines plus tard.
Le 6 mars 1944,
une épaisse fumée ayant une drôle d'odeur s'échappa
tout à coup du 21 de la rue Sueur.
Des voisins, dérangés par lodeur de la fumé
séchappant de la clinique, appellent les pompiers.
Les pompiers une fois sur place, font une macabre découverte
au sous-sol de la maison : des ossements humains, des corps à demi
décomposés, des membres, une pile de cheveux jonchaient
le sol.
La police retrouve deux clochards, sans doute mort accidentellement en
voulant faire marcher la chaudière. Ils ont la chair grillée en plusieurs
endroits.
La police continue à fouiller les lieux : la cave est complètement
aménagée, des doubles porte, une chambre a gaz dont la porte
est équipée dun judas pour regarder les agonies de
ses victimes, un puits remplit de cadavres est recouvert de chaux vive,
et un vestiaire lugubre, où s'empilent des malles, des valises, des centaines
de valises, « ses souvenirs ».
Le locataire reste introuvable...
L'enquête ne tarde
pas à révéler l'identité du propriétaire. Il s'agit d'un docteur
en médecine nommé Marcel Petiot.
Il est bien connu des services de police pour un tas de petits vols. Le
Dr Petiot est fiché, mais seulement comme un petit délinquant sans envergure
et sujet à " quelques troubles mentaux". Par ailleurs, c'est un homme
comme tout le monde, il sait si bien se donner une apparence respectable
et rassurante que sa femme elle même sera la première surprise en apprenant
l'horrible vérité.
Arrêté
par la Gestapo, il s'assure que les policiers étaient bel et
bien des français, Marcel Petiot les informe qu'il faisait partie
de la résistance et que les corps qui se trouvaient chez lui étaient
des nazis assassinés dont il était chargé de faire
disparaître les corps et qu'il devait tout de suite se rendre chez
lui pour brûler plusieurs dossiers compromettants au cas où
l'on ferait enquête.
Les policiers
le crurent et fermèrent les yeux lorsqu'il remonta sur sa
bicyclette et disparut.
Ils n'allaient pas le revoir avant plusieurs mois. Ce
n'est qu'en fouillant dans le passé de Petiot que, petit à
petit, on finit par faire le lien entre plusieurs disparitions mystérieuses
et en venir à la conclusion que ce «membre de la résistance»
n'était en fait qu'un dangereux meurtrier. Un mandat d'arrêt
est diffusé dans toute la France.
Entre
temps, Petiot change d'identité. Il s'appelle maintenant
Henri Valéri et est devenu membre des Forces Intérieures
(sic) l'une de ses tâches est justement de capturer l'assassin de
la rue Le Sueur.
Un article intitulé
: "Petiot, soldat du Reich"
parait dans le journal "Résistance" et accuse Petiot
de collaboration.
Petiot ne peut
supporter l'affront et sort de l'ombre; il écrit à la rédaction du journal
pour réclamer réparation: " ...en vertu de la loi, dit-il, j'ai le
droit de réponse et je vous requiers d'insérer ma lettre...",
et il joint en effet une lettre folle dans laquelle il prétend être une
victime de la Gestapo et avoir participé "de
tout son possible à la lutte de la Résistance" .
Les services de sécurité de la France libre se mettent sans tarder à la
recherche de ce correspondant.
Il réapparaît
sous luniforme dun capitaine F.F.I. (Forces françaises de
l'intérieur) couvert de galons, la police le reconnaît et larrête
prés dune station de métro le 31 octobre 1944.
Il déclare : " être un grand résistant, appartenir
au réseau Fly-Tox et n'avoir jamais fait disparaître que des ennemis de
la patrie". Il ajoute même avec un incroyable aplomb : " Si je
sors de l'ombre aujourd'hui, c'est pour mettre fin aux calomnies odieuses
qui courent aujourd'hui sur mon compte"..
Sur lui, il avait 31 700 francs (une fortune pour l'époque), une
cinquantaine de documents sous six noms différents et un revolver.
Son procès souvre le 18 mars 1946 et fait la Une de tous
les journaux, on l'accuse de 27 meurtres, il en revendique 63 (des
assassinats patriotiques à ses dires). Questionné quant
à une de ses victimes, il jura de ne jamais l'avoir rencontrée
mais ne put expliquer qu'on avait retrouver ses vêtements chez lui.
Malgré les traits caractéristiques de tueur psychopathe,
il fut déclaré sain d'esprit. Le procès de Petiot
se déroula dans une ambiance de farce.
L'enquête
a pu établir avec certitude la responsabilité de Marcel Petiot dans
27 meurtres.
Petiot qui entre temps, a abandonné la thèse selon laquelle il était un
" grand résistant" n'en revendique pas moins de 63 - chiffre qui
d'ailleurs, paraît parfaitement vraisemblable.
Pour la cinquième audience de ce procès à grand spectacle, la Cour, au
grand complet se transporte sur les lieux du crime.
On assiste alors à l'une des journées les plus mémorables de l'histoire
de la justice française.
Par une incroyable négligence, les forces de l'ordre n'ont pas pensé à
interdire au public l'accès de l'immeuble.
Une foule de journaliste et de simples curieux y fait irruption, et c'est
en toute liberté que chacun peut visiter ce haut lieu de l'horreur et
assister à la reconstitution. Petiot est ravi, il a un public à sa mesure.
Avec une exquise courtoisie et un sens achevé de l'humour noir, il fait
les honneurs de la maison; il montre son cabinet de consultation, explique
le fonctionnement des judas optiques grâce auxquels il pouvait surveiller
l'agonie de ses victimes, le maniement des manettes de gaz qui lui permettaient
de les asphyxier sans qu'elles se méfient.
Devant les spectateurs amusés, il indique comment il s'y prenait pour
faire disparaître les corps de ses " clients".
Il énumère leur identité; en fait des " ennemis de la patrie" ce sont
des juifs ou des résistants pourchassés par la Gestapo, qu"il attirait
chez lui en leur promettant de les faire passer en zone libre, après leur
avoir recommandé, bien sûr, d'apporter avec eux le plus d'argent possible
et objets de valeurs qu'ils pouvaient.
Le 21 de la rue Lesueur était un monstrueux camp d'extermination miniature.
En
racontant toutes ces horreurs, Petiot rit, plaisante et pire encore, il
fait beaucoup rire les curieux qui l'écoutent et profitent des interruptions
de l'audience pour venir lui demander des autographes.
C'est un procès interminable, qui fait l'objet de 16 audiences et amène
à la barre quelques 90 témoins et le verdict tombe : c'est la peine capitale
qui est prononcé à l'encontre du Dr Petiot.
Condamné à mort, Il fut guillotiné le 25 mai 1946.
Petiot
exige une dernière volonté, il fume une dernière cigarette
dont un gardien se hâte de ramasser le mégot pour le conserver comme souvenir.
Ses dernières paroles furent pour ses bourreaux, leur disant de
ne pas regarder car «ce ne serait pas joli».
Les témoins rapportent que ses lèvres esquissaient un sourire
lorsque sa tête roula dans le panier.
Cette histoire a inspiré
le cinéma français avec "Docteur Petiot" en 1990,
mais aussi étrangère :
 
"Los crimenes
de Petiot" réalisé en 1972
Espagne
Film réalisé par Jose Luis Madrid

" Docteur
Petiot " - 1990
Film avec Michel Serrault qui raconte sa vie à partir du début
de l'occupation.
L'histoire:
Paris, 1942. Le docteur Petiot (Michel Serrault) est un homme respectable.
Epoux modèle, bon père de famille, médecin dévoué...
Nul ne se doute que derrière la façade se cache un psychopathe
monstrueux, fasciné par les horreurs nazies. Il faudra attendre
la Libération pour que soit découvert le charnier personnel
du docteur, en plein cur du XVIe arrondissement. Petiot y brûlait
ses victimes juives après les avoir dépecées...
Egalement un livre aux éditions C.M.D.
parait en 1995
1946, Le
procès de Marcel Petiot, le bon docteur de la rue Le Sueur
Format 115/180 mm
; 76 pages. Illustrations noir et blanc, dessin, plan, document darchives.
Petiot, sordide assassin
démasqué? agent de la Milice? docteur secourable pour les
persécutés, puis résistant? Si la Justice a tranché,
au figuré comme au propre, le personnage reste exemplaire dune
période troublée que lon na pas fini dinterroger.
En Avril 2002 sort
: " Demon Doctors- Physicians as Serial Killers", livre
écrit par Kenneth V. Iserson
Ce livre essai d'apporter des embryons de réponses et explique
en se basant sur des cas réels, dont celui du Docteur Petiot, pourquoi
ces docteurs deviennent petit à petit des meurtriers.
Dossier
artezia ©
M.M.
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