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Jack
l'éventreur
L'affaire Jack l'éventreur
est sans doute l'une des plus grande énigme de l'histoire du crime.
En pleine époque victorienne, en grande Bretagne, un tueur sème
la panique.
Soupçonné d'avoir envoyé des lettres sarcastiques
à la police, il disparaît après le meurtre d'une cinquième
prostituée. En dépit de toutes les rumeurs le mystère
reste entier.
5 victimes et 10 semaines
de terreur sont à l'origine d'un mythe qui dure depuis plus d'un
siècle. Cinq meurtres lui sont attribués mais deux autres
crimes (Martha Tabram, Emma Smith) furent longtemps considérés
comme faisant partie de son oeuvre. Ils sont d'ailleurs toujours inclus
dans les dossiers de Scotland Yard.
Le
31 août vers 3h45 du matin, deux passants qui se rendent à
leur travail, découvrent le corps de Mary Ann Nichols. Quelques
minutes à peine s'écoulent avant l'arrivée de l'agent
de police Neil qui effectue une ronde, puis vers 4h00, le docteur Rees
Ralph Liewelyn arrive sur les lieux. C'est lui qui pratiqua l'autopsie
du corps qui a été lavé, malgré les ordres
de la police. Son rapport médical est consigné dans le "Times"
( The mystery of Jack the Ripper, édition W.H.Allen, 1929 p.28-29).
«Cinq dents
sont manquantes, et on remarque une légère lacération
de la langue. On note une contusion sur la partie basse de la mâchoire,
du côté droit du visage. Celle-ci pourrait résulter
d'un coup de poing ou de
la pression d'un pouce. On remarque une contusion circulaire sur la face
gauche du visage, qui pourrait également avoir été
infligée par la pression de plusieurs doigts. Sur le côté
gauche du cou, à deux centimètres et demi sous la mâchoire,
on observe une incision s'étendant sur environ dix centimètres
jusqu'à l'oreille. Du même coté mais deux centimètres
plus bas, on note une incision circulaire qui commence deux centimètres
plus en avant que la précédente et qui se termine à
sept centimètres sous la mâchoire droite. Cette incision
a complètement déchiré tous les tissus jusqu'à
la vertèbre. Les larges vaisseaux sanguins ont été
coupés des deux côtés du cou. Cette incision s'étend
sur environ vingt centimètres. Les coupures ont probablement été
causées par un couteau à longue lame, modérément
aiguisé, et utilisé avec une grande violence. Pas de sang
sur la poitrine, pas plus que sur le corps ou les vêtements. Pas
d'autres blessures sur le corps jusqu`a ce que l'on en vienne à
la partie inférieure de l'abdomen. A cinq ou six centimètres
du côté gauche de l'abdomen, on remarque aux contours déchiquetés.
La blessure est très profonde , les tissus sont déchirés.
Plusieurs incisions ont été infligées en travers
de l'abdomen. Du côté droit, trois ou quatre coupures similaires
ont été causées avec une grande violence de haut
en bas. Les coups ont été portés de gauche à
droite et pourraient avoir été l'oeuvre d'un gaucher. Toutes
les blessures proviennent du même instrument».
Dès le 4 septembre 1888, plusieurs articles parurent dans
la presse, le tueur de Mary Ann Nichols est surnommé : "Leather
apron" (Tablier de cuir). Des prostituées indiquaient
que, depuis plusieurs mois, elles avaient été menacées
par un homme décrit comme costaud à la nuque très
épaisse, de petite taille, âgé de 38 à 40 ans
environ, portant une casquette et un tablier de cuir. D'après un
article du "Star", daté du 5 septembre 1888, "tablier
de cuir" se déplace silencieusement et de manière sinistre.
Le
8septembre 1888 vers 6h du matin, le corps d'Annie Chapman est
découvert par John Davis un locataire de l'immeuble où
la victime logeait. Le corps est allongé sur le dos et sa robe
est remontée à hauteur des genoux, tandis que les intestins
de la victime ont été placés sur son épaule
gauche. On découvre l'enveloppe déchirée d'Annie
Chapman contenant deux pilules ainsi qu'un tablier de cuir bientôt
reconnu, comme appartenant à John Richardson et qui relance
brièvement la polémique sur le mystérieux «
Tablier de cuir».

Le
30 septembre 1888 : le tueur fait d'une pierre deux coups.
Vers 1h00 du matin le vendeur ambulant Louis Diemschutz découvre
le cadavre de Elizabeth Stride.
Elle est couchée sur le flanc gauche, son bras droit repose sur
l'estomac alors que le gauche se trouve derrière le dos et tient
encore à la main un sachet contenant des noix d'acajou.
La main droite est ensanglantée et la bouche légèrement
entrouverte. Une écharpe est nouée autour de son cou et
la partie inférieure du tissu est élimée comme par
l'action d'un couteau qui lui a également tranché la gorge,
de gauche à droite. Le corps est encore chaud et vierge de toute
mutilation abdominale, ce qui laisse à penser que l'assassin a
été dérangé par l'arrivée de Louis
Diemschutz.
Vers
1h45 de la même nuit, l'agent Edward Watkins , qui effectue
sa ronde, découvre
le corps de Catherine Eddowes dans Mitre Square.
Mitre Square est au centre d'un labyrinthe de rues étroites, de
passages et d'impasses. Le corps de Catharine Eddowes est éventré
« comme un cochon au marché » déclare l'agent
Watkins.
La jambe gauche est allongée alors que la droite est pliée
à hauteur du genou. La gorge est profondément tranchée
jusqu'à l'os, sur une longueur d'environ 18 centimètres.
Les instestins ont été retirés et placés sur
l'épaule droite. Un morceau d'intestin d'environ soixante centimètres
est retrouvé entre le corps et le bras gauche. Le lobe et le pavillon
de l'oreille droite ont été coupés obliquement. Le
visage a particulièrement souffert : une incision à travers
la paupière a tranché l'oeil gauche; une autre, similaire
et parallèle à l'oeil droit; le nez est coupé en
travers, jusqu'à séparer la joue droite en deux ; plusieurs
coupures sont constatées sur les lèvres.
La peau des joues est particulièrement pelée par des coups
de couteau.
On distingue deux contusions sur la joue gauche. L'abdomen est complètement
ouvert du sternum au pubis, d'une seule incision se dirigeant de bas en
haut. Le foie a été poignardé avant d'être
coupé à deux reprises. L'aine, le pancréas, l'artère
rénale gauche et la paroi du péritoine ont été
tranchés. La matrice a été emporté par l'assassin,
mais il en reste environ un centimètre attaché au corps.
Le rein gauche, plus soigneusement coupé, a également disparu.
Le
8 novembre 1888 vers 10h45 le matin, John Bowyer découvrit
le corps de Mary Jane Kelly. Celui-ci était passé
chez la victime, dans le but d'encaisser l'argent du loyer.
Une vision d'horreur se présenta alors à lui. Il vit une
femme dénudée, allongée sur le lit, couverte de sang
et apparemment morte. Sans attendre d'effectuer un examen plus détaillé
se rendit au poste de police. La victime était allongée
sur le dos, la gorge tranchée profondément d'une oreille
à l'autre. Les oreilles et le nez avaient été coupés,
de même que les seins qui étaient posés sur une table
de nuit adjacente au lit. L'estomac et l'abdomen avaient été
largement ouverts, tandis que les traits du visage étaient complètement
méconnaissables. Les reins et le coeur avaient été
retirés du corps pour être également placés
sur la table, a côté des seins. Le foie détaché
de la cavité abdominale, reposait sur la cuisse droite.
Les parties génitales du corps ainsi que l'utérus avaient
été tranchés.
Les cuisses étaient également mutilées. Les vêtements
de la femme étaient placés de l'autre côté
du lit, comme s'ils avaient été retirés et rangés
de façon ordinaire. Les draps étaient au pied du lit, un
geste que le meurtrier avait dû effectuer après avoir tranché
la gorge de sa victime. Aucune trace de lutte était apparente,
tandis qu'une fouille minutieuse des lieux ne permit pas de retrouver
l'arme du crime.
Le
quartier de Whitechapel
Whitechapel est l'un des quartiers le plus sordide de la capitale.
Près de 80.000 personnes vivent dans ce dédale de ruelles
étroites. Cest le repère des petits truands, vagabonds,
et des prostitués.

Les
lettres envoyées à la police
Durant
l'année 1888, des centaines de lettres furent envoyées à
la Police et à la presse locale. Elles auraient été
écrites de la main même du tueur. La plupart d'entre elles
n'étaient que des faux écrits soit par des journalistes
en mal de sensationnel ou par des fous s'amusant à susciter davantage
de terreur.
De nombreux "Rippologues" pensent que toutes ces lettres étaient
des "canulars".
Des experts de Scotland Yard, et certains membres de la police alors chargée
de l'enquête en ont authentifiées un certain nombre (la lettre
du "Cher Patron", la carte postale "Saucy Jacky "(Jack
le sanglant), et la "Lettre de l''Enfer").

Transcription de la lettre manuscrite :
Cher Patron,
J'ai entendu dire que la police cherchait à m'attraper mais ils
ne l'ont pas encore fait. J'ai rigolé lorsque, se croyant intelligent,
ils ont cru être sur la bonne piste. Cette blague sur Tablier de
Cuir m'a fait piquer une crise.
Je suis sur le dos des putains et je m'arrêterais pas d'éventrer
jusqu'à ce que vous m'ayez bouclé.
Le dernier boulot était un grand travail. Je n'ai pas laissé
le temps à la dame le temps de couiner. Comment pourraient-ils
m'attraper maintenant. J'adore mon travail et je veux recommencer. Vous
entendrez bientôt de nouveau parler de moi et de mes amusants petits
jeux. J'ai gardé un peu de cette matière rouge de mon dernier
travail dans une bouteille de bière amère pour vous écrire
mais c'est devenu une sorte de glue épaisse et je ne peux pas l'utiliser.
L'encre rouge vous conviendra j'espère ha ha. La prochaine fois,
je couperais les oreilles de la dame et je les enverrais aux chefs de
la police juste pour rigoler un peu. Gardez cette lettre jusqu'à
ce que j'ai fait un peu plus de travail, ensuite vous pourrez l'utiliser
comme il faut. Mon beau couteau est si affûté que je veux
me mettre au travail de suite dès que j'aurai cette chance. Bonne
Chance.
Sincèrement
vôtre
Jack l'Éventreur
Ne vous souciez pas
de mon nom de "métier"
PS : Je n'ai pas pu
poster ceci avant que de m'être débarrassé les mains
de cette encre rouge. Pas de chance donc. Ils me disent docteur à
présent. ha ha
Les
témoignages et les suspects
Les
différents témoignages recueillit par la police après
chaque meurtre sèment davantage le doute : un individu tantôt
petit et d'un âge avancé vêtu d'un habit noir et d'un
chapeau, tantôt grand d'une vingtaine d'années bien vêtu...
la divergence des témoignage induit la police en erreur. Les inspecteurs
ouvrent d'ailleurs l'hypothèse que le meurtrier a un complice.
Plusieurs signalements
sont néanmoins concordants :
- Le tueur est
un homme de race blanche de taille moyenne ou au-dessous de la moyenne
entre 20 et 40 ans.
- Il est bien
habillé, pas comme un travailleur ou un pauvre
- Il habite
ou possède un logement dans le coin de Whitechapel
- Il se peut
qu'il posséde un savoir médical
- Malgré
1 ou 2 opinions contradictoires, il se peut qu'il soit étranger
(certainement un juif)
- Le tueur est
un gaucher
- Il doit avoir
un travail régulier puisque les meurtres se sont tous produits
le week-end
- Il se peut
qu'il vive seul ce qui lui permet de se promener sans être inquiété
dans les rues
Les
principaux suspects
Dr. Roslyn Donston
Il a écrit un article de journal décrivant les meurtres
avec une précision étonnante
- Il vivait à Whitechapel
- Il avait des habiletés médicales
- Il était adorateur du diable
- Ses amis déclaraient qu'il était Jack l'Eventreur
Montague John Druitt
Druit était le deuxième fils d'un praticien médical,
William Druitt, né le 15 août 1857 à Wimborne, dans
le Dorset. Eduqué à Winchester et dans le nouveau collège
d'Oxford, Druitt fut le dernier à recevoir son diplôme de
troisième degré en 1880
- Il correspond à la description des témoins
- Les meurtres cessèrent après qu'il fut découvert
noyé dans la Tamise le 31 décembre 1888
- L'enquête prit fin lorsque son corps fut trouvé
- Il était soupçonné par les membres de sa famille
- Il a été nommé dans les dossiers de Scotland Yard
Sir
William Gull
- Il était le chirurgien de la reine Victoria
- Il aurait pu avoir comme motif de protéger la famille royale
de chantages
- Il était franc-maçon, donnant un sens à l'inscription
à l'égard des Juifs
- Il aurait pu tuer ses victimes silencieusement dans son carrosse
Prince Albert Victor
- Il correspond à la description des témoins
- Il était mentionné dans le journal du Dr. Gull
- Il était chasseur, familier avec les couteaux
- Il avait la syphilis et devenait fou
Aaron Kosminski
Coiffeur polonais israélite, qui arriva en Angleterre en 1882.
En juillet 1890, il fut envoyé admis en traitement à l'infirmerie
de Mile End. Sur les registres d'admission, il est marqué comme
atteint de folie depuis 2ans. Il fut mis à charge de son frère
3 jours plus tard.
Il vivait à Whitechapel, avait des tendances meurtrières
et était misogyne. Il a été nommé dans les
dossiers de Scotland Yard. Il a été identifié, sous
serment, par l'investigateur chef. Il a été identifié
par un témoin qui, mystérieusement, refusa de témoigner
Michael Ostrog
En octobre 1888, en plein règne de terreur de Jack l'éventreur,
le Police Gazette publie un avis de recherche concernant Michael Ostrog,
indiquant qu'il s'agit d'un homme très dangereux. Dans son mémorandum,
Macnaghten se montre un peu plus précis sur Ostrog, ajoutant que
l'homme ferait preuve de cruauté envers les femmes et qu'il porte
habituellement sur lui des scalpels.
Michael Ostrog aurait été, selon ses propres dires, un chirurgien
de la marine impériale russe, obligé de quitter son pays
après avoir tué un homme en duel. Il correspond à
la description des témoins : Mesurant un mètre soixante
seize, avec les cheveux d'un brun sombre, et des yeux gris, il est habituellement
vêtu d'un costume semi clérical. Il arbore plusieurs cicatrices
dont une sur le pouce droit.
En dépit des
nombreuses pistes qu'avait la police de l'époque, nous ignorons
toujours l'identité de Jack l'éventreur.
De nombreuses hypothèses ont été avancées,
un journal, écrit de la main du tueur, aurait même était
découvert presque un siècle après... mais le mystère
plane toujours sur cette affaire.
Dossier
artezia ©
M.M.
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