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Génétique
L'homme que l'on considère aujourd'hui comme être le père fondateur de la génétique n'a probablement jamais touché à une éprouvette de sa vie et ses travaux expérimentaux n'intéressaient pas grand monde de son vivant. Gregor
Johann Mendel naît le 22 juillet 1822 à Heinzendorf en Moravie,
petite ville tchécoslovaque qui appartenait jadis à l'Autriche.
Motivé par les études, Johann Mendel rejoint en 1840, lInstitut
de Philosophie dOlomouc afin dy suivre deux années
préparatoires à lentrée à lUniversité.
Ne parvenant pas à financer ses études, Mendel entre chez
les moines, change son prénom pour celui de Gregor, et reçoit
une formation de botaniste et de physicien par deux professeurs chevronnés.
L'un d'eux, Christian Doppler, est aujourd'hui mondialement connu pour
ses travaux sur le son (il a mis en évidence le célèbre
effet Doppler). À l'époque, Mendel enseigne les sciences
naturelles dans de petites classes de la ville de Brno. Son passe-temps préféré, le jardinage, l'amènera à écrire une grande page d'histoire. Vers 1850, Mendel installe un jardin expérimental dans la cour et met sur pied le plan dexpériences visant à expliquer les lois de lorigine et de la formation des hybrides. Pendant 18 ans, il effectue des croisements de différentes variétés de pois et note soigneusement les variations de couleur, de forme et de dimension de ses pois. Ces observations n'avaient rien de révolutionnaire : plusieurs chercheurs avaient à l'époque expérimentés ces croisements, mais personne n'avait su en tirer des lois, comme le fit Mendel. Les chercheurs qui ont précédé dans létude des mécanismes de lhérédité navaient abouti à rien parce quils travaillaient sur des plantes présentant un grand nombre de caractères différents ; ils étaient ainsi incapables de dégager une logique dans la transmission héréditaire. Mendel, lui, innove par la grande rigueur de sa démarche scientifique. Il choisit de travailler sur des pois comestibles présentant sept caractères dont chacun peut se retrouver sous deux formes différentes, aisément identifiables : forme et couleur de la graine, couleur de lenveloppe, forme et couleur de la gousse, position des fleurs et longueur de la tige. La première expérience quil décrira dans son article consiste à étudier les résultats dhybridation obtenus pour lune des paires de caractères seulement.
Sa seconde loi nous
dit pour la première fois qu'il est possible de prédire
le caractère de la deuxième génération de
pois. Pour ce faire, il croise un grand nombre de plants de pois jaunes
étant tous issus du premier croisement d'un plant de pois verts
et d'un plant de pois jaunes. Il obtient en moyenne trois plants de pois
jaunes pour un plant de pois verts. Troisième grande loi de Mendel: on peut aussi prédire les résultats de plants ayant plus d'un caractère différent. Toutefois, plus les plants sont différents, plus les probabilités sont complexes. Les lois de Mendel,
qui constituent un très grand pas en avant, n'expliquent toutefois
pas tout. Par exemple, Mendel ne prévoit pas l'atavisme, c'est-à-dire
un caractère qui apparaît soudainement après une absence
de plusieurs générations. Le moine autrichien aura au moins
eu le mérite d'avoir fait tomber un grand nombre de théories
erronées. Les avancées génétiques... 1665
: La cellule a été découverte par l'Anglais Robert
Hooke, grâce à un microscope primitif de son invention. 1866 : Publication des "trois lois de l'hérédité" de Gregor Mendel. Ses observations se font à partir de croisements de différents plants de pois. De générations en générations, il étudie avec minutie la transmission de caractères comme la couleur, la texture, la taille et la forme des pois et des plants 1869 : Le médecin suisse Friedrich Miescher réussit à isoler une substance du noyau cellulaire qu'il nomme "nucléine", maintenant appelé "acide nucléique". Malheureusement, il n'a jamais su l'importance de sa découverte. 1900 : Après
plus de 30 ans d'oubli, plusieurs scientifiques découvrent les
résultats des travaux de Mendel. 1910 : Le généticien
américain Thomas Hunt Morgan réussit à créer
un grand nombre de mutations chez une variété de mouche
nommé Drosophile. Morgan obtient ainsi la première preuve
tangible de l'existence de phénomènes héréditaires. 1927 : Hermann Muller, collègue de Thomas Hunt Morgan, démontre que l'irradiation (rayons X) d'un insecte multiplie par 100 le nombre de mutations. Mais la molécule d'ADN demeure toujours un mystère.
1953 : James Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins révèlent la structure tridimensionnelle en double hélice de la molécule d'ADN. La génétique vient de faire un pas de géant. Cette découverte sera couronnée d'un prix Nobel en 1962. 1970 : Paul Berg (Nobel de chimie en 1980), Stanley Cohen (Nobel de médecine en 1986) et Herbert Boyer développent des méthodes permettant de diviser l'ADN en plusieurs sections. Ils pavent ainsi la voie aux techniques d'ADN recombinant. À l'époque de sa découverte, Berg demande pourtant qu'on cesse ce type d'activité, jugeant ces techniques dangereuses. 1983 : Le généticien américain James Gusella met au point une technique visant à détecter rapidement un des gènes responsable de la maladie de Huntington. C'est le début des marqueurs génétiques permettant le dépistage d'anomalie. 1990 : Le projet de génome humain se met en marche, son but est de donner un nom aux 60 000 gènes et placer dans l'ordre les lettres des trois milliards de bases de ces gènes. Les gènes, c'est quoi ?
Les gènes portent les caractères héréditaires transmis au cours des générations. Ils sont disposés en ligne le long d'une unité plus grande appelée chromosome. Chaque gène est situé en un endroit particulier sur l'un des chromosomes du noyau cellulaire. Le gène est formé d'une série de paires de bases. Certains gènes peuvent contenir un nombre relativement réduit de paires de bases (choisies parmi les quatre bases fondamentales : adénine, guanine, cytosine, thymine) quelques milliers par exemple, alors que d'autres en renferment plus d'un million. Chaque gène
contient les instructions pour coder une ou plusieurs protéines.
Les protéines sont constituées par l'assemblage linéaire
de 20 types de composantes élémentaires: les acides aminés.
Les gènes structuraux ont aussi pour tâche de différencier les différents types de cellules (nerveuses, hépatiques, musculaires, etc.) Dans ces cellules, tous les gènes sont présents, mais la majorité sont inactifs. Par exemple, un gène responsable de la production d'insuline n'a pas à être actif dans les cellules des tissus musculaires. Ainsi on estime qu'environ 10 % des gènes des cellules sont "fonctionnels". Les allèles
sont les deux gènes qui occupent le même site sur deux chromosomes
homologues. Les chromosomes forment des paires; les deux éléments
d'une paire étant dits homologues; ils commandent les mêmes
caractéristiques, comme la couleur de la peau. L'un d'eux représente
l'information venue du père, et l'autre, de la mère. On
dit d'un sujet qu'il est hétérozygote si dans un couple
de gènes homologues (allèles), celui venant du père
est différent de celui venant de la mère. Le sujet est homozygote
si, au contraire, les deux allèles sont strictement identiques.
Le clonage Qu'est-ce qu'un
clone? Clonage thérapeutique
: Clonage reproductif
:
Pourquoi le clone de Dolly est une première mondiale ? En février
1997, l'équipe de M. Wilmut annonçait l'arrivée de
Dolly. Les scientifiques avaient déjà réussi auparavant à cloner des organismes, le cas de Dolly est un peu différent dans la mesure où c'est le premier organisme à être cloné en utilisant une cellule animale adulte spécialisée. Les organismes pluricellulaires,
comme les Hommes, et notamment ici les moutons, sont constitués
de millions de cellules. Il ne faut pas oublier que la totalité de nos cellules proviennent d'une seule et même cellule non spécialisée. La spécialisation intervient après dans des étapes de développement. Ce processus de spécialisation s'appelle différenciation cellulaire. Avant Dolly, peu de
scientifiques pensaient que la différenciation cellulaire était
réversible chez les mammifères. Dans les années 1970, on mena des expériences dans le cadre desquelles le noyau d'une cellule différenciée de grenouille fut transféré à un zygote énucléé (dont le noyau a été enlevé). Dans certains cas, le zygote se développa et produisit plusieurs cellules, parfois, même des têtards, mais ces cellules ne se développèrent jamais en grenouilles matures. La société
Genzyme Transgenics, du Massachusetts, a modifié des chèvres
de façon à ce qu'elles produisent de l'antithrombine III,
une protéine qui permet le contrôle de la coagulation du
sang. La protéine recueillie dans le lait est la réplique
exacte de la version humaine. A quelques étables de Dolly, la société
PPI Therapeutics fait produire de l'antitrypsine humaine à des
brebis et de la lactalbumine à des vaches. En Virginie, ce sont
des cochons qui ont décroché le marché de la production
du Facteur VIII humain.
Le clonage de Dolly Le 23 Février
1997, l'annonce de la future naissance de Dolly défraye la chronique.
Son père Ian Wilmut, lembryologiste, directeur des recherches Alors qu'il aurait été possible, en théorie, de créer le clone de la brebis A (Dolly) à l'aide de la brebis A uniquement, on a utilisé les brebis B et C dans le processus de clonage aux fins de contrôle scientifique, pour s'assurer que Dolly était véritablement un clone et non le résultat d'un accouplement sournois.
Le professeur
Antinori, de l'université de Rome, le biologiste Zavos, de l'université
du Kentucky, et Brigitte Boisselier, des universités de Dijon et
de Houston, et bien d'autres scientifiques y travaillent depuis longtemps. Le clonage et la loi En France : la loi n°94-653 du 29 juillet 1994 relative au respect du corps humain pose des principes généraux concernant le respect du corps humain, létude des caractéristiques génétiques des personnes, la protection de lespèce humaine et la protection de lembryon humain. En Europe :
un effort dharmonisation a abouti à ladoption de la
Convention pour la Protection des Droits de lHomme et de la dignité
de lêtre humain à légard des applications
de ces deux sciences : Conventions sur les Droits de lHomme et la
biomédecine, signée à Oviedo le 4 avril 1997.
Le Conseil de lEurope a adopté un protocole additionnel à
cette convention qui interdit le recours au clonage. En préambule
il est énoncé que linstrumentalisation de lêtre
humain par la création délibérée dêtre
humain génétiquement identique est contraire à la
dignité de lhomme et constitue un usage impropre de la biologie
et de la médecine. Cest le premier texte international interdisant
le recours au clonage humain et à cet égard représente
un signal en direction des états membres de lUNESCO, dans
le cadre de laquelle une déclaration sur le génome humain
était en cours.
Annonce du premier clonage humain : mythe ou réalité ? Brigitte Boisselier, présidente de la société Clonaid, liée à la secte des raéliens, a provoqué une avalanche de réactions sceptiques et de condamnations à travers le monde en annonçant, lors d'une conférence de presse à Hollywood, la naissance le jeudi 26 décembre à 11h55 de "Eve", premier bébé conçu selon elle par clonage. Cette annonce a été
reçue avec le plus grand doute par la communauté scientifique,
suscitant également une vague de réprobation dans les grandes
capitales occidentales. A la Maison Blanche,
le président George W. Bush a indiqué qu'il allait
presser le Congrès de voter un projet de loi interdisant le clonage
humain. Le président français Jacques Chirac a pour sa part renouvelé "sa condamnation énergique" du clonage humain reproductif et a appelé tous les Etats à "se rallier sans plus tarder" à la proposition franco-allemande visant à "la prohibition universelle" de cette pratique "criminelle". Le mouvement des raéliens
a été fondé en 1975 par un ancien journaliste français,
Claude Vorilhon, qui se fait appeler "Raël". Si la naissance d'un
clone était confirmée, elle marquerait l'entrée de
l'humanité dans l'ère de la reproduction asexuée.
Mme Boisselier ne
compte pas en rester là. Elle a annoncé la naissance prochaine
de quatre autres bébés conçus par clonage, dont l'un
la semaine prochaine d'un couple de lesbiennes dans un pays d'Europe du
Nord. à
suivre (...) Le clonage et l'éthique
Cependant
le clonage d'un individu à part entière pose certains problèmes
éthiques. Nombreux
sont ceux à croire que l'on prolonge notre propre vie en donnant
naissance à notre clone, n'oublions pas que le clone, s'il présente
des analogies morphologiques et biologiques totales, il n'en est pas moins
distant.
Artezia
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