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Les nubians
Célia et Hélène Faussart sont nées d'un père français et d'une mère camerounaise, respectivement le 27 septembre 1978 et le 8 octobre 1974. Elles grandissent à Paris puis s'installe au Tchad en 1984. Au début des années 90, la Tchad est en proie à la guerre civile, et les deux jeunes filles viennent s'installer à Bordeaux où Hélène entreprend des études de droit et Célia des études de sociologie. La musique est un lien fort entre les deux soeurs, elle débutent dans des petites salles sous le nom "Les nubians" , puis assurent les premières parties d'artistes tels que Youssou N'Dour, Julien Clerc ou James Brown. Les Nubians s'occupent en parallèle d'une organisation sociale "Les Nouveaux Griots" qui montent régulièrement des concerts, des expositions et des activités pour les enfants. Sans grande conviction, les nubians envoient une maquette à des maisons de production. En 1997, Virgin les repère et leur propose d'enregistrer un titre sur une compilation de jazz "Jazz à Saint-Germain" . En studio, les Nubians rencontrent Thierry Planelle qui chapeaute le projet et qui leur propose de faire un album. Les Nubians signent
donc en tant qu'auteur-compositeur et interprète chez Virgin. "Princesses
nubiennes" sort dans les bacs en mai 1998 avec son premier
single "Makeda".
Le 30 novembre 1999, Les Nubians se produisent au Bataclan de Paris où elles rencontrent un très grand succès. Au début de l'année 2000, les Nubians sont nominées au NAACP Image Awards (National Association for the Advancement of Coloured People), une association américaine qui milite contre la ségrégation. Elles ont déjà été les lauréates des "Soul Train Awards" à l'automne dans la catégorie "Révélation de l'année". Fin 2000, les Nubians participent également au festival des Transmusicales de Rennes pour présenter un nouveau spectacle, "Echos", qui raconte l'Afrique à leur façon, en français ou en anglais. En mars 2003, le second
album des Nubians "One step forward" parait
enfin.
Les Nubians commencent début mars 2003 une série de concerts aux Etats-Unis où elles rencontrent à nouveau un très grand succès. En 2004, les Nubians se produisent
pour une série de concerts en Afrique, au Japon et pour quelques
dates en France. Le 11 octobre 2005, elles sortent leur troisième album "Echos-Chapter One : Nubian Voyager". Un projet entamé en 2000, où se mêlent slam et musiques traditionnelles, dans lequel les Nubians racontent, avec la participation de poètes urbains africains, le Continent noir. A la production de ce troisième album on retrouve une troisième fois Mounir Belkhir. Le 18 décembre, elles présentent ce projet qui leur tient particulièrement à coeur au New Morning, à Paris. Puis, elles annoncent quelques dates françaises en compagnie des rappeurs de Beat Assailant pour début 2006.
"Voyager,
rien ne m’est plus essentiel (…) / Aller loin, toujours plus
loin." (Voyager) Sur ce nouvel album, on croise donc "le tonton" camerounais, Manu Dibango, - "un ami de la famille, passé jouer l’instrument du pays – le balafon – dans sa version européenne – le marimba – , comme pour mieux souligner la validité du concept d’afropéanité. Manu Dibango qui, le premier, a fait triompher la musique africaine au sommet des charts américains avec "Soul Makossa", un quart de siècle avant que les Nubians n’empruntent à leur tour le mÍme chemin. Manu Dibango, donc, venu passer le relais à jeune génération, tout comme Richard Bona, bassiste inspiré, chanteur aérien, ou Ray Léma, créateur sophistiqué qui n’a de cesse, au travers ses multiples projets, de tisser un fil entre les différents styles ou idiomes du continent Africain. Transmission encore avec Popolipo, champion d’Afrique de guitare, indétrôné depuis 1982, qui après avoir joué derrière les plus grands (Zaiko Langa Langa, Koffi Olomide) vient relever de ses cocottes de guitare si caractéristiques le très enjoué "Me & Me", ou avec les frères M’Ba, Mich’ko et Jean, aussi complémentaires et complices sur leurs instruments respectifs (guitare et basse) que dans la vie de tous les jours. Comme Hélène et Célia. Comme Morgan Héritage, le plus grand groupe vocal jamaicain actuel, que d’aucuns surnomment déjà la famille royale du reggae et avec lequel les deux sœurs ont gravé un hymne à la fraternité qui va bien au-delà des seuls liens de sang. La famille toujours, avec Mounir Belkhir, "le magicien", l’homme de tous les possibles - du hip-hop à la chanson franÁaise en passant par le jazz, la soul, la musique africaine, il sait tout faire -, qu’aucun challenge n’effraie et qui a su se rendre tellement indispensable que les Nubians n’hésitent à affirmer aujourd’hui à son propos : "Mounir, c’est une partie de nous." Ou bien encore avec John Banzai, Souleymane Diamanka et Talib Kweli, trois proches parmi les proches, qui sont venus apporter leur science du verbe pour mieux libérer la parole. Les deux premiers étaient déjà de l’aventure "ECHOS CHAPTER 1 – Nubian Voyager" ; le dernier les avaient invité sur l’album de son groupe, "Reflection Eternal", le temps d’un sublime "Love Language". Les Nubians lui rendent ici la pareille, sur le remix US du premier single, "Temperature Rising", histoire de rappeler une fois encore leur enracinement dans la culture hip-hop – par le passé, elles ont collaboré, entres autre, avec Kery James, Black Eye Peas, Guru, Towa Tei (Deelite), DJ Hasebe… Enfin l’escale obligée à Londres, cité melting-pot par excellence, creuset de toutes les fusions et donc source d’inspiration infinie pour tous les tenants du métissage musical, afin de croiser le fer avec IG Culture, figure emblématique de la scène "broken beat". Le visuel de l’album
est évidemment un hommage à Fela, dont les Nubians viennent
de reprendre deux titres, "Shakara/Lady", dans le cadre de l’album
"Red Hot + Riot". Enfant déjà, Hélène
et Célia empruntaient les tubes de crème de leur mère,
pour se dessiner des points sur le visage et ressembler aux Shakara ladies
de la chanson, ces femmes sans maÓtres, égales de l’homme
si ce n’est plus, qui arboraient de si belles parures et se mouvaient
avec tant de gr‚ce. "Fela, pour nous, représentait l’esprit
libre, la créativité, le combat, l’activisme, la conscience.
Des morceaux de dix, quinze ou vingt minutes. Une musique qui ne s’arrÍte
jamais. «a chante, Áa danse, c’est coloré. Une
célébration de la vie et du panafricanisme." Un spectacle
total, dont elles se sont naturellement inspirées, dès lors
qu’il s’est s’agit de transposer leurs propres morceaux
sur scène, pour mieux nourrir l’imaginaire de chacun. Car
mÍme si elles pensent comme Fela que "la musique est une arme",
elles n’en oublient pas que c’est aussi "un art complexe,
qui s’adresse à la fois à la tÍte, au cœur
et aux pieds." Que la musique n’est pas que révolte
et contestation, mais qu’elle est aussi porteuse de rÍves
et d’émotions. Qu’elle peut surtout Ítre le
meilleur de remèdes pour soigner les bleus de l’‚me
et apaiser les esprits. Bref, qu’elle est avant tout affaire de
sentiments. Sur "Princesses Nubiennes", Hélène
et Célia avaient fait appel à Princess Erika pour mettre
en paroles ceux-ci. Cette fois-ci, elles n’ont pas hésité
à prendre elles-mÍme la plume pour dire leurs mots bleus,
avec le concours, le cas échéant, de John Banzai et Souleymane
Diamanka. En ce sens, "One Step Forward" est un album bien plus
intime et personnel que "Princesses Nubiennes", y compris dans
son organisation. Placé sous le signe du soleil et de la lune,
il commence aux premières heures de la journée, alors que
le soleil a entamé sa course vers son zénith, avec des morceaux
dont l’énergie ou les thèmes s’accordent à
l’humeur de l’instant. "Chaque minute précieuse
a son air" chantent-elles sur "J’veux D’la Musique".
Alors que le soleil décline dans le ciel et que vient la nuit,
l’atmosphère du disque se fait plus sombre, plus propice
à la confession. La parole devient tendre, tombent les inhibitions.
On peut enfin chanter : "Je t’aime" sans avoir peur du
qu’en dira t-on ; dire que : "Si l’amour meurt alors
dis-moi ce qu’il reste/ Des cases vides, des causes injustes/ Juste
des gestes" ; crier une dernière fois : "Rester/ Dans
tes bras je veux encore rester", avant que ne percent les premières
lueurs de l’aube aux accents de la samba de "Saravah".
Le temps est venu de rendre un dernier hommage à Cheick Anta Diop
et de rappeler la portée universelle de son message. "One
Step Forward" Site Officiel : http://www.lesnubians.com/
Dossier
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