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Jamie Lidell
Jamie Lidell n’a pas arrêté de migrer. C’est un squale romantiquement "soulful", soniquement obsédé, prêt a tout pour le "funk". Et il ne va pas s’arrêter. Non, il ne s’arrête pas. Ne le lui demandez jamais. Laissez-le passer, appréciez le spectacle et sa bande originale. Nomade évadé de sa province anglaise natale, sa constante envie de progresser - rebondissant de découverte en découverte - est devenue la marque de fabrique de son voyage musical. Jamie Lidell est une âme libérée et il n’y a aucun signe de faiblesse dans sa quête. Fouillez dans sa discographie et vous y trouverez : deux albums de science-funk de Super_Collider (avec Cristian Vogel) dont on se rappelle avec ravissement, un premier album solo complètement fou Muddlin Gear
et en 2005, l’arrivé du renversant Multiply. Un délicieux disque de soul et funk surprenant, plein de virages, méticuleusement produit, qui a connu un succès planétaire. Pendant ce temps, les one-man shows de Jamie ont aussi atteint une autre dimension : live, il repousse ses limites et celles de la technologie contre chaos et contrôle et gagne le titre de "meilleur show one-man show sur terre !"
En 2008, Jamie est devenu Jim. Il a étendu les fondements de Multiply pour construire un bordel baroque de groove et gospel irradiant de funk, avec des trésors de soul poignante. La tournée accompagnant la sortie l’a vu évoluer, le manipulateur sonique se mute en "dandy showman", menant un quatuor incroyablement talentueux dans les clubs, les stades et les studios de télévision à travers le globe. En 2010 Jim quitte
le navire. Trop de strass et de soies ? Jamie réinitialise sa carte
et repart en exploration sur des courants neufs ! Compass est sans aucun
doute son album le plus éclectique. "J’ai écrit chaque chanson en un mois" dit Jamie, "j’ai passé deux années éprouvantes émotionnellement parlant, je me suis plongé dans ce que je voulais exprimer et j’ai commencé à écrire. Il y avait beaucoup à en tirer". Après, il est allé vers l’Ouest pour rejoindre le projet Beck’s Record Club à Los Angeles, avec Beck, Wilco, Leslie Feist, le producteur/claviériste Brian LeBarton et le batteur vétéran James Gadson (qui a joué pour Bill Withers et Quincy Jones entre autres). Inspiré par l’alchimie des jam-sessions, ils sont allés dans les mythiques Ocean Way Studios pour se concentrer sur les nouveaux morceaux de Jamie avec Gadson et LeBarton. Ils ont alors été rejoints par le bassiste Dan Rothchild, la chanteuse Nikka Costa et Justin Stanley. Tous ont eu un impact fort sur l’album "Compass" De retour à
New York, il a mis en ordre ce "great big mess on the hard drive"
(ce "désordre géant sur son disque dur"). Il est
ensuite allé au ranch de Feist au Canada, dans le Niagara Escarpment,
avec Chris Taylor, producteur et membre de la sensation avant-pop Grizzly
Bear.
Le premier son que l’on entend dans le titre d’ouverture "Completely Exposed" semblera familier à ceux qui ont déjà vu Jamie en live : un puissant beat-box ; un rythme palpitant qui précède ce que Jamie appelle "l’éruption volcanique" du refrain. C’est l’avant-goût du son ample et superposé de "Compass". Les paroles de la chanson "cherchent quelque chose, à offrir ensuite, se confiant dans d’honnêtes paroles… c’est ouvertement naïf dans la manière". Les distorsions de "Your Sweet Boom" oscillent naturellement entre funk et gospel, la voix de Jamie nous vient de directions et personnages différents. Les parties ont été enregistrées dans plusieurs lieux et regroupées ensuite. "C’est comme se présenter une version différente de soi-même et essayer de passer du temps ensemble dans la même pièce… ils ne veulent pas toujours travailler ensemble – mais ils finissent par trouver un moyen". Le rythme ralentit
sur "She Needs Me", une tranche effrontément crémeuse
de soul sensuelle, soutenue par la ligne de basse glorieuse de Dan Rothchild.
Les paroles se dirigent vers la cuisine (histoire de préparer une
tasse de thé et des oeufs) avant d’aller dans la chambre
pour servir "this sonic breakfast in bed" ("ce petit-déjeuner
sonore au lit"). Les bouffonneries érotiques se poursuivent
avec le riff techno-funk coquin de "I Wanna Be Your Telephone",
sur l’économie libidinale des télécommunications
modernes. "Gipsy Blood" mixe douceur et obscurité, un combo que Jamie appelle "blood and custard", sang et crème anglaise. Une guitare confuse appuie une batterie distinctement "MJ style", tandis que Jamie se glisse dans un personnage destructeur. "C’est un de mes alter-egos qui chante. L’âme malade qui ne changera jamais ; l’ego en moi, qui veut redevenir l’ancien moi". "Coma Chameleon"
arrive comme une bombe, avec un beat monumental et un son incendiaire
sorti d’une guitare Silverstone ("le son d’une vieille
planche de bois attaquée"). Ecrite par Beck, c’est une
parfaite pop song sinistrée, comme menace instamment le titre –
"Si vous vous réveillez un jour, vous verrez ce que vous avez
fait". "C’est presque une chanson gospel, une dédicace, une berceuse et un merci". C’est le son du vent qui se calme et la conclusion d’un autre chapitre. Et bien sûr, il ne s’arrêtera pas là. Il est libre Jamie ! Enregistré en trois mois à Los Angeles, Jamie Lidell revient avec son nouvel album "Jim". Sur cet album Jamie Lidell collabore avec Gonzo, Renaud Létand, Feist et Mocky à la production pour un son groove soul des années 70.
Site Officiel : http://www.jamielidell.com/
Dossier
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