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Guillaume Cantillon

Guillaume Cantillon Guillaume Cantillon
Guillaume Cantillon
Guillaume Cantillon

 

C'est l’histoire d’un auteur compositeur de 36 ans fier de recommencer sa vie artistique. Claude Nougaro avait dit en son temps en recevant une Victoire de la musique : « J’aurai passé ma vie à faire mes débuts ». Une phrase gorgée de sens et d’humilité qui sied comme un gant à Guillaume et à cet album. Tel un homme en proie à des instants fébriles, ce messager de la pop avait donc envie de nous offrir sa face B, la plus personnelle de son inspiration. Et d’obéir ainsi à cette loi qui fait dire des choses graves ou parfois simplement très intimes avec légèreté. Sous le préau, la plage… ou plus précisément sous les préaux, les plages d’un disque enregistré avec la plume brisée dans l’encrier et la craie qui lézarde les tableaux.

Cet album de Guillaume est un retour à l’enfance, au goût des parfums d’autrefois, à la nostalgie qui n’est forcément plus ce qu’elle était. Amiens, c’est au nord de l’enfance, la capitale d’un gamin qui croquait la vie à pleines dents parce que l’insouciance donne une sacrée fringale. Et puis un jour, il faut quitter tout ça. Alors l’enfance se déchire. Dix ans, des griffures dans le coeur et un nouveau terrain de jeu. Montluçon, centre presque exact de la France ou bien du monde des mélodies qui naissent à la guitare. Il se trouve que « Harvest » est aussi le centre précis de toute la musique qu’il aime. Et ensuite Neil Young, Bob Dylan, Donovan, Simon and Garfunkel et surtout les jeunes filles en fleurs qui, lorsqu’elles vont éclore, donneront l’envie de faire des chansons. Voici en quelques images et sensations l’histoire du premier album de Guillaume. Le succès tardif du groupe Kaolin lui a certes donné un peu le vertige. Comment prendre le maquis sans quitter sa famille de coeur, avec laquelle il est déjà question de poursuivre la route ? Il faudra alors toute la détermination de la musicienne réalisatrice Edith Fambuena, lorsqu’elle aura écouté les chansons solitaires de Guillaume, pour le convaincre qu’il fallait faire absolument un disque de ce recueil de chansons intimes. De cette intimité, il faut alors garder l’essentiel.

Miracle de la première prise, quasiment maquette, comme au bon vieux temps où l’adolescent, guitariste autodidacte, s’essayait à reproduire les bons vieux solos de Led Zep. Edith va apprendre à Guillaume l’essentiel : grandir seul. Ensemble ils vont donner au disque sa raison d’être (enregistré en plein air), sa saison (la fin de l’été), sa terre (un vignoble), sa région (Saint-Émilion), une couleur (l’oranger d’un coucher de soleil)… Un album folk, terrien, noble, aux sonorités encrées par le tanin d’un vieux chai du Bordelais. Le spleen de l’enfance et le côté épicurien de la pop sont ici les grappes d’un même raisin dont le viticulteur Guillaume est le créateur libre. A
savoir sans souffrir de la pression qu’engendre une récolte dont l’enjeu serait par exemple de faire mieux qu’avec son cru de naissance Kaolin. C’est aussi l’histoire d’une révélation personnelle. Guillaume se divise par deux, entre masculin et féminin, yin et yang, nord et sud, passé et futur. Un artiste gentiment bercé par des vents contraires. Comme d’autres révélateurs, Léo Ferré, Etienne Daho ou encore Christophe, sorte de conquérants solitaires qui lui auront aussi donné l’envie d’être toujours libre et de faire de la pop l’art suprême du grand écart entre la légèreté apparente et la complexité intérieure. Entre la vie, celle que l’on donne, et la mort, celle de la mise à mort ordonnée par le toréador, Guillaume est un équilibriste. Emporté par « Des ballons rouges », chanson expulsée sur une impulsion d’urgence amoureuse, l’album s’identifie aussi au phrasé si singulier du chanteur révélé. Entre voix câlines « La, la, la », harmonies des garçons de la plage extasiés par le surf « On a tout réussi », et « talk over » bouleversant comme dans cette chanson clé « C’était vachement bien ! », Guillaume enflamme tout ce que souffle sa voix. Qui finalement le trahit gentiment et le raconte avec une subtilité qui devrait remplacer son passeport d’identité. Guillaume n’a pas besoin de son nom de famille pour se ressembler.

Il a cette chance et a bien l’intention de la faire partager à tous les enfants de la pop. Le conquérant est donc bien
pacifique, pour nous plonger dans son océan de souvenirs.

par Didier Varrod

1
Des ballons rouges
2
Hôtel Mirador
3
Vas-y parle!
4
C'était vachement bien!
5
Hello, hello, hello
6
Comme avant
7
On aimerait bien
8
Etre un héros
9
Non, non, non
10
Volontiers!
11
La, la, la
12
On a tout réussi

 

Guillaume Cantillon - Des ballons rouges

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Clip "Des ballons rouges"

Site Officiel : http://www.guillaumecantillon.com
Myspace : www.myspace.com/guillaumecantillon

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M.M.