|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Sanseverino
A l'âge de 20 ans, il rêve de devenir comédien. Il suit une formation chez Serge Martin puis chez Philippe Hottier plus récemment, il entre au DAL Théâtre pour trois ans. Là-bas il y travaille la Comédia dell'Arte et le clown. Et enfin la guitare et le banjo. Mais c'est la scène qui lui offre ses premières prestations ou plutôt il se les offre avec la création de sa propre compagnie "Les Frères Tamouille". Loin des multinationales, une sorte de cirque où le pastiche de Supercopter côtoie celle de L'homme qui valait 100.000 balles. Une troupe avec laquelle il travaillera quatre ans, jouant le plus souvent dans la rue ou les festivals, notamment à Aurillac ou Châlons-sur-Saône. Il commence à monter des groupes quand il s'aperçoit qu'au théâtre, six mois de répétition sont nécessaires pour ne jouer que trois fois, alors qu'en musique, une répétition suffit pour jouer six mois. Après Doc Denat, groupe de rock médical, c'est avec la création deRMC (pour Renverse-moi Chéri), qu'il sort ses premières compositions dont Rock n'Roll Dérision. Parallèlement à sa carrière naissante de musicien, et sa formation de comédien en poche, il s'intéresse de plus en plus au cinéma. Pour son premier court métrage, Patrick Bagot lui fait tenir le rôle principal de"HP 69". Il a 30 ans. Il tournera ensuite dans un autre court "Les Aventures de Francis 15". Sabine Pierron et Stéphane Sanseverino font tous deux partis d'un atelier regroupant des amateurs de musique roumaine. Le projet qu'ils se décident à lancer est un mélange d'influences tziganes et de culture personnelle, c'est-à-dire les vieilles chansons françaises des années 20 aux années 50. En 1992, la création des "Voleurs de Poules" est officielle. Le pseudo "Les Voleurs de Poules" est adoptée en référence aux Gitans, selon Stéphane, "ceux qui s'excluent eux-mêmes et que les sédentaires excluent". Un qualificatif qui leur est régulièrement apposé. L'expression plutôt péjorative est liée à cette réputation des forains dont ils ont cherché à faire quelque chose de sympathique. Une sorte de réhabilitation par la musique, par leur musique manouche. Lui, dit "Le Nerveux", est à la guitare, au banjo et au chant. Elle, au violon et au chant. Lui écrit textes et musiques, parfois avec Sabine. A l'origine envisagé comme acoustique, le projet soulève un enthousiasme chaleureux dès leurs premiers concerts dans les bars. Poussé par le public, le duo s'étoffe. Ils sont ainsi rejoints par Marc Salvetti, à la basse et Nicolas Ferrenbach à la batterie. Celui-ci sera remplacé en janvier 1995 par Manu Ruquier. Avec 500 concerts en 5 ans, "les voleurs de poules" écument les salles de France et ses bistrots, ces lieux d'observation privilégiée : concerts "Ecole et Nature" en septembre 1992 à Paris, le Festival "Jeunes Agents EDF" en août 1993 à Soulac, le Carnaval de Cergy Pontoise en mars 1994, une tournée en Bretagne en août 1994 et juillet 1995 et L'Olympia en janvier 1995 en première partie de Yann et les Abeilles. On retrouve également des morceaux des Voleurs de Poules sur les compilations Life in the Bar- Le Recueil (Quartier Est/ Musidisc) et sur Radio Nova- Le Son de Paris (Mélodie). Leur premier album "Tu sens les poivrons" sort en juillet 1995. En même temps que leur passage aux FrancoFolies de La Rochelle, du 12 au 17 juillet. A l'occasion des concerts donnés au Berry-Zèbre à Paris, ils avaient organisé le financement d'une auto-production sous la forme d'une souscription : les gens achetaient le disque avant sa sortie. Les 200 adresses réunies, celui-ci est enregistré. Entre les ambiances costumes 50's en promenade sur les bords de Marne, ils aiment parler de bouffe et d'argent. La bouffe parce que c'est un sujet original. L'argent, parce que c'est un problème pour tout le monde. Pas fondamental, mais important. Trop important pour une chaîne comme M6 qui refusera la diffusion de leur clip réalisé par Patrick Bagot, pour le morceau J'irai à Mexico. L'argent n'est pas suffisamment visible à l'écran. L'indépendance a ses limites que les médias édictent. Mais le succès encore confidentiel, oblige Stéphane à cumuler parallèlement les petits boulots. Il est entre autres roadie pour Michel Fugain. Pendant 10 ans, il regarde en même temps qu'il travaille. Des années à étudier le spectacle. Tour à tour
comédien puis musicien, Stéphane Sanseverino est aujourd'hui
musicien en solo. Il commence alors dans son coin l'écriture de son album solo. Afin d'arrondir ses fins de mois, il participe au casting et décroche un rôle dans la compagnie vivifiante Achille Tonic, troupe que l'on a dernièrement pu voir sur scène, réduite à sa plus simple expression, le duo de Shirley et Dino. L'écriture de l'album avance et il se laisse tenter pendant quelques compositions à certains arrangements électroniques qu'il abandonne rapidement. Avec les techniques modernes, c'est l'univers qui casse ses frontières, mais surtout c'est la spontanéité qui prend la porte. Il se recentre ainsi sur ce qu'il sait faire de mieux, le swing. Sur sa première maquette, les deux titres lui permettent en deux mois d'avoir les signatures nécessaires. Son album "Le Tango des Gens" sort le 25 septembre 2001. Récompensé par le 54ème prix de l'Académie Charles Cros en 2001, Le Tango des Gens est aujourd'hui Disque d'argent, avec plus de 50.000 exemplaires vendus. Bien évidemment ponctué par une promotion marathon, il partage l'affiche avec Tété sur les 50 dates d'une tournée débutée en mars 2001. Elle se termine à la fin de l'année après quelques incursions sur le territoire suisse. 2002 est ponctuée de 80 concerts, dont certains passages remarqués au Festival des Vieilles Charrues, lors des Solidays ou encore le Nice Jazz Festival.
Le 14 décembre
2002, la tournée se termine en beauté avec une "Nuit
Sanseverino" au Trianon à Paris. Héros d'une soirée
qui lui est consacrée, Sanseverino reçoit quelques amis
en scène : Bernard Lavilliers, Tété ou la Grande
Sophie. Sanseverino revient
en février 2004 avec un nouvel album intitulé "Les
Sénégalaises".
Dossier
artezia ©
|