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Histoire du livre
De l'invention de l'imprimerie à nos jours

Histoire du livre

Roger Chartier, grand historien du livre, à définit 3 révolutions du livre :
- l'invention du livre tel que nous le connaissons
- l'invention de l'imprimerie
- l'apparition du texte et de la documentation numérique (disparition du support papier)

Définition du livre : le livre est à la fois deux choses, c'est une œuvre intellectuelle et un objet matériel qui a une entité.


Le Moyen Age :
Le livre n'a pas toujours existé. Le livre ne s'est répandu que vers le 9ème-10ème siècle, c'est à dire relativement tard.
Et peut être qu'il n'existera plus dans le futur avec Internet.
Un livre n'est donc plus forcément aujourd'hui un objet matériel.

Histoire du livre - Volumen (rouleau de papyrus)Le passage du volumen au codex

Le codex apparaît vers le 9ème-10ème siècle et remplace le volumen (rouleau de papyrus).    

Cette évolution a changé notre organisation des connaissances, en effet la forme de l'œuvre influx sur la façon dont on perçoit le contenu du livre. Le volumen était beaucoup plus fragile que le livre et beaucoup plus gros.

On ne pouvait pas mettre le contenu d'un livre sur un seul rouleau.
Le volumen est un papyrus alors que le livre est en parchemin (peau d'animal)
Le volumen était donc beaucoup plus fragile, friable.
Le parchemin de veau s'appelle le vélin (c'est le plus beau).
Avec l'apparition du livre l'attitude corporelle du lecteur a changé.
Avec le volumen le lecteur ne pouvait pas lire et écrire en même temps, avec le codex qui est beaucoup plus compact, il peut écrire, prendre des notes ou tenir deux livres en même temps pour faire des comparaisons. Cela a permis l'apparition de "glose" c'est à dire de commentaire écrit directement sur le livre.
L'apparition du livre a permis de faire des repérages dans le texte, c'est là qu'on a inventé les numéros de page qui permettent un découpage, l'index, la table des matières…
On peut découper le texte, savoir où on s'en était arrêté.
La façon d'aborder un texte a changé avec le changement de la forme matérielle du livre.
Le livre apparu au Moyen Age est proche de celui d'aujourd'hui mais avec des différences certaines.

Histoire du livre - ScribesLe livre au moyen âge
Le livre est sur un parchemin

Il est manuscrit jusqu'en 1450, c'est à dire qu'il y a des scribes (essentiellement des moines) qui recopient des textes pour écrire des livres. Chaque livre représente des centaines d'heures de travail. Les moines écrivaient dans des scriptorias (scriptorium au singulier) c'est à dire des pièces dans lesquelles les moines copistes se réunissaient pour écrire.
Ils écrivaient à l'encre et à la plume d'oie taillée, en s'appuyant sur des tables inclinées et à main levée.
Le fait que les livres étaient écrits dans des monastères fait que la plupart des textes sont des textes sacrés, liturgiques.Histoire du livre - Lettrine
Et presque la totalité sont écrit en latin puisque c'est la langue de l'église.

Les autres livres sont des livres juridiques, des traités de mathématique, de médecine, d'astronomie… mais ils ne représentent moins de 25 % des ouvrages.
Donc les livres sont écrits par et pour les moines puisque l'alphabétisation est peu répandue.
Les livres sont donc encore peu nombreux.

Autour des copistes d'autres métiers gravitent :
- miniaturiste (illustration)
- enlumineur (décoration)
- calligraphe (lettrine)


A partir du 12ème-13ème siècle, il y a une évolution : de plus en plus de laïque apprennent à lire même si ça reste très marginale, c'est surtout les juristes, les médecins… qui apprennent pour les besoins de leur profession.
Il y a donc des scribes laïques qui apparaissent notamment dans les universités.
Il y a le développement de textes qui ne sont plus uniquement religieux mais qui s'adresse à ce publique (traité de philosophie, textes scientifiques, traité d'astronomie, littérature avec l'apparition des premiers romans comme en France le roman de la rose et en Italie les textes de Dante…).

Le XVIème siècle :


Invention imprimerie : Johannes Gutenberg Invention de l'imprimerie en 1450 par Gutenberg.

Passage du livre manuscrit au livre imprimé
Le milieu du 15ème siècle, c'est l'époque de la renaissance, c'est le passage du moyen âge à l'époque moderne et c'est l'apparition de toute une série de faits qui permettent l'apparition de l'imprimerie.
C'est une époque de grandes mutations dans de nombreux domaines.

Il y a tout un courant intellectuel et artistique qui naît en Italie au 15ème siècle puis en France et dans d'autre pays de

l'Europe et qui se caractérisait par le retour aux textes de l'antiquité classique en latin et en grec.
C'est une période d'invention technique, l'imprimerie va s'inspirer d'autres inventions de l'époque notamment dans le domaine de la métallurgie (fabrication des poinçons)
La fin du 15ème siècle c'est l'époque de la découverte de l'Amérique, période de voyage.
Cela a une importance pour la commercialisation des livres et la rapidité avec laquelle l'imprimerie va s'étendre.

Invention imprimerie : Johannes Gutenberg

Il y a eut un apport massif d'or et d'argent en provenance de l'Amérique qui a fait exploser le commerce.
Qui dit essor du commerce dit essor d'une nouvelle classe sociale : la bourgeoisie, qui est fortuné, cultivé et qui va avoir besoin de livre, donc apparition de nouveaux lecteurs.
L'historien Lucien Febvre dit : " c'est le lecteur qui a fait le livre et non pas le livre qui a fait le lecteur "
Apparition du protestantisme au début du 16ème siècle (1517) avec Luther et Calvin d'abord en Allemagne et en Suisse puis en Europe, qui s'oppose au catholicisme et qui s'appuie sur les textes sacrés et la lecture de ces textes sacrés par les croyants.
Donc ça favorise le développement de la lecture et le besoin du livre.

L'invention de l'imprimerie :
Gutenberg 1394 ?- 1468
Il est originaire de Mayence en Allemagne et il a travaillé à Mayence et à Strasbourg.
C'est par le procès que son banquier lui a fait qu'on connaît Gutenberg.
Il n'a pas inventé l'imprimerie, il a perfectionné une invention qui existait déjà et qui était le presse, celle-ci permettait de fabriquer des gravures sur bois (la xylogravure).

Invention imprimerie : Johannes Gutenberg   Invention imprimerie : Johannes Gutenberg

   
L'invention de Gutenberg c'est d'avoir associer le texte à la gravure.
L'invention des caractères en métal a permis d'imprimer le texte.
Pour ce faire il a crée des caractères en métal (alliage de plomb) qu'on appelle des types.

Histoire du Livre - PoinçonsGutenberg était un orfèvre de formation.
Il crée un moule en bois dans lequel il coule du métal, ainsi il réalise un poinçon qui représente une lettre.
L'atelier d'imprimerie a très peu évolué, il a été presque de suite au point.
Les poinçons sont conservés dans une boite en bois qu'on appelle la casse.
Les minuscules sont en bas (bas de casse)
Les majuscules sont en haut (haut de casse)
On pense que l'appellation arobase @ vient de là : a rond bas de casse
Dans l'atelier il y a plusieurs ouvriers :
- le compositeur : il compose la page, il tient une réglette en bois qui s'appelle le composteur et il place les poinçons dessus les uns à côté des autres. Quand la page est faite il place son assemblage de poinçon dans la presse, on encre les poinçons avec des tampons encreurs, on met une feuille par dessus et on presse avec une vis, puis on met les feuilles à sécher sur des fils accrochées avec des pinces à linge.
- Le pressier
- Des apprentis qui encrent
- Les correcteurs qui relisent les pages imprimées
- Les relieurs

 

Les premiers livres imprimés :
Le premier livre imprimé par Gutenberg est la B42, la bible à 42 lignes.

Histoire du livre - Bible GutenbergLa page se divisait en deux colonnes de 42 lignes chacune.
C'est un texte sacré et la présentation de la page copie la page manuscrite, il n'y a pas de rupture avec ce qui précède.
Les premiers caractères sont des caractères gothiques (fabriqué en Allemagne)
Il y avait beaucoup d'abréviation et très peu d'espace.
Cette deuxième révolution n'a pas été vécue comme une rupture avec le moyen âge.
Cette B42 a été tiré à 180 exemplaires.
Un des premiers livres aussi, c'est un fragment du Donat (livre de grammaire de l'époque).
Sur les 180 exemplaires, on en a conservé 48.
Incunable : mot qui vient du latin et qui veut dire le berceau de l'imprimerie, ce sont tous les livres publiés entre 1450 et 1500.
On pense qu'il y a eut 40 000 titres qui ont été imprimé pendant ces cinquante années.
Presque 50% des incunables étaient des livres de religion et plus de 75% étaient en latin.
Malgré la continuité avec le moyen âge, le livre manuscrit il y a quand même eut une évolution avec l'imprimerie parce que le livre imprimé ne varie pas d'un exemplaire à l'autre alors que le livre manuscrit est quand même singulier même si c'est le même texte qui est recopié.
Le livre est le premier objet qui a été fabriqué en série et qui annonce l'ère industrielle.
Le fait que le texte se " fige " va favoriser l'apparition d'un esprit plus rationnel.
La comparaison critique des textes va aussi progresser.
L'imprimerie va se répandre rapidement en Allemagne, à Cologne, Francfort (en 1480 a lieu la première foire du livre), en Italie (favorisé par le courant de la renaissance).
En Italie, un éditeur très célèbre, Alde Manuce (Aldo manucce) qui exerce à Venise invente les caractères italiques. Il va créer des caractères grecs pour imprimer directement les textes en grecs. Importance du politique sur l'imprimerie.
Il a inventé aussi un livre de petit format qui s'appelle l'octavo.

Le folio : feuille pliée en deux
Le quarto : feuille pliée en quatre
L'octavo : feuille pliée en huit
In-12° : feuille pliée en 12
In-16° : feuille pliée en 16


Les aspects politiques
En France l'imprimerie s'introduit dès 1470, d'abord à Paris, à la Sorbonne et ensuite à Lyon, et Lyon demeure encore à l'heure actuelle l'un des grands centres de l'imprimerie et du livre en France.
Au 16ème siècle les imprimeurs étaient souvent des libraires, installés dans les grandes villes
(à cause de l'alphabétisation) et dans les quartiers universitaires.
Apparition de dynasties d'imprimeur (imprimeur de père en fils) : les Estienne
L'invention de l'imprimerie permet à un public beaucoup plus important d'accéder à la lecture et donc ça veut dire aussi une plus grande diffusion des idées et de la contestation
On a donc cherché à surveiller l'imprimerie parce que ça représentait un danger pour le pouvoir politique.
1537 : ordonnance de Montpellier prise par François Ier, c'est le dépôt légal.
Chaque imprimeur doit déposer un exemplaire à la bibliothèque royale.
Outre le contrôle à posteriori, ça a permis aussi de conserver les livres.
1566 : l'édit de Moulins qui établit un privilège royal pour avoir le droit d'imprimer.
C'est un contrôle à priori (on contrôle l'imprimeur).
Y'avait aussi le contrôle de l'église avec la création d'un index (livres interdit par l'église)
Y'a beaucoup d'ateliers clandestins et de contrefaçons.

Les aspects sociologiques
Le prix du livre a baissé, apparition de nouveaux lecteurs potentiels.
La lecture se développe essentiellement dans la bourgeoisie qui sait lire et qui a l'argent pour acheter les livres.
C'est la première constitution de bibliothèque laïque.
Une bibliothèque c'est au maximum une centaine de livres parce que le livre reste très cher et moins de10% de la population sait lire.
Le livre se développe presque uniquement dans les villes.
La lecture se développe chez les protestants avec la réforme.

Le mécanisme de l'imprimerie reste à peu près le même jusqu'au 19ème siècle.
Il y a une évolution politique, littéraire et sociologique.

Le XVIIème siècle
C'est le siècle de l'absolutisme, siècle marqué par le religion.
Il y a le renforcement de l'autorité royale, on contrôle de plus en plus la production des livres.
Le 17ème siècle est marqué surtout par le règne de Louis XIV (il règne de 1643 à 1715) où il y a un renforcement de l'absolutisme.
En 1643 il a 5 ans, il est le roi mais il y a une régence exercée par Anne d'Autriche, sa mère.
La Fronde, ça a était une contestation du pouvoir royal d'abord exercé par les princes, les nobles puis par les parlements… c'est la remise en cause et la déstabilisation du pouvoir royal. Mais Louis XIV en sort grandi et avec l'idée très forte de tout contrôler.
La Fronde avait utilisé des libelles (feuilles volante imprimées pour faire passer les idées).
Il y a eut une campagne contre Mazarin : des mazarinades (petits pamphlets).
Louis XIV a voulut verrouiller l'imprimerie et la contrôler.
Au 17ème siècle c'est l'apparition de l'académie française en 1635, elle permet d'honorer certains auteurs mais aussi de les contrôler.
Apparition de nouveaux genres littéraires : l'historiographie royale.
Louis XIV limite très sévèrement le nombre d'imprimeur en France.
En 1683 le nombre des imprimeurs est limité à 36 à Paris, en Province il n'y en a pratiquement plus parce qu'il est plus facile de les contrôler s'ils sont à proximité.
Ça induit un marasme, une pauvreté de l'imprimerie.
Il y a aussi des contrôles chez ces imprimeurs à la source et après impression.
L'imprimerie est faible en France et donc les auteurs vont se faire imprimer à l'étranger.
Par exemple Descartes est allé se faire imprimer en Hollande (Pays Bas).
Il y avait des réseaux clandestins pour introduire ces livres imprimés à l'étranger en France. Il y avait beaucoup de contrefaçon avec des faux privilèges d'imprimer.
La présentation des livres évolue, elle prend sa spécificité avec notamment l'apparition des paragraphes avec des lignes sauté, des pages beaucoup plus aéré, avec des interlignes, des espaces… on n'a moins peur de gaspiller le papier.
Le nombre des lecteurs augmente même s'il reste quand même marginal.
Le gros des lecteurs est toujours formé par le clergé mais on voit apparaître d'autres catégorie de lecteurs : le roi et sa cours, la noblesse.
Louis XIV a installé son royaume à Versailles à cause de la Fronde et pour attirer les nobles et ainsi mieux les contrôler, la haute société parisienne qui est composée d'officier du parlement, d'avocats, de médecins…professions instruites


Le XVIIIème siècle
C'est l'époque des Lumières.
Rupture avec le siècle précédent avec la diffusion des nouvelles (littérature et philosophie)
C'est le siècle de Rousseau, Voltaire…
Il y a la diffusion d'idées nouvelles (idée de raison, de nature, de bonheur…)
Pour le pouvoir royal ce sont des idées subversives donc beaucoup continuerons à être imprimé à l'étranger.
La réglementation par le pouvoir royal reste sévère mais s'assouplit.
Malesherbes : directeur de la librairie est chargé de surveiller l'imprimerie et de réglementer la vente des livres en France.
Lui même était imprimeur et donc n'a pas voulut étouffer l'imprimerie.
L'imprimerie n'a pas beaucoup varié depuis le 16ème siècle.
C'est toujours le même système de presse, les tirages restent relativement faibles, en moyenne entre 500 et 2000 exemplaires pour un titre.

Encyclopédie Diderot et AlembertLes contrefaçons sont toujours très importantes puisque les privilèges royaux ne sont pas accordés facilement.
Apparition d'ouvrage très important comme l'encyclopédie de Diderot et d'Alembert.
Ce sont des ouvrages chers qui sont vendu par souscription souvent.
L'impression de l'encyclopédie a marqué l'imprimerie en France.
17 volumes de textes, 11 volumes de planches…le tout en folio donc en grand format.
Ça illustre bien l'esprit des Lumières qui est que le savoir est encyclopédique, c'est à dire qu'on peut tout savoir et exprimer sur les connaissances du monde, on peut organiser et classifier les connaissances.
La première édition a été tirée à 4000 exemplaires.
Il y a eut des éditions moins chères en format octavo.
Malgré le prix cette édition a été un grand succès.
D'autre ouvrages comme celui de Buffon " histoire naturelle "
La plus grande imprimerie du monde était en Angleterre et réunissait 27 presses.
Y'a un intérêt plus important pour le livre.
Il se développe une littérature populaire qui apparaît au 18ème siècle, et y'a un marché du livre populaire qui se crée, c'est aussi l'introduction du livre à la campagne.
La " bibliothèque bleue " se crée, c'est une collection de livres de petit format imprimé sur un papier de mauvaise qualité avec une couverture en carton bleu.
Il y avait deux ateliers d'imprimerie pour cette collection, l'un à Troyes et l'autre à Rouen.
C'est une littérature assez facile, accessible à des gens peu instruit (livres pratiques, romans, contes, vie de Saint…).
Apparition d'une lecture de distraction, livre vendu par les colporteurs dans les campagnes.
Apparition de nouveaux lieux de lecture collective, ce sont les cabinets de lecture.
Le livre reste quand même cher et l'abonnement aux journaux aussi, donc les personnes se regroupaient dans ces lieux et achetaient en commun les livres.
Souvent ces cabinets de lectures sont ouverts par les libraires eux même.
Ce sont des sortes de bibliothèques privées.
Ça demeure à l'attention de personnes érudites.
Apparition des premières bibliothèques qui sont d'origine privée et qui sont ouverte par testament (c'est à dire grâce aux legs de livres à la mort de quelqu'un).
Il y a une certaine démocratisation de la lecture mais relative.

La révolution française de 1789, c'est une rupture avec l'époque précédente.
Tout ce qui avait été mis en place par l'ancien régime vole en éclat.
C'est la suppression de tous les privilèges de la noblesse, du clergé et aussi du privilège royal pour imprimer.
L'imprimerie devient totalement libre.
Explosion de l'imprimerie en France d'abord parce qu'elle devient libre et parce que l'impression est un outil politique. On a une profusion de libelles, d'affiches, de pamphlets et une très forte pénétration de l'écrit.
En 1789, confiscation des biens du clergé par l'état y compris des bibliothèques.
Entre 8 et 10 millions de livres sont devenus la propriété de l'état.
Ça va être un cadeau empoisonné car on ne sait pas quoi faire de cet afflux massif de livres, on les entasse dans des dépôts littéraires (sorte de caves).
C'est ce qu'on appelle les confiscations révolutionnaires.
Ce sont les fonds des actuelles bibliothèques municipales, beaucoup de livres du Moyen Age, livres essentiellement religieux.
Dès 1790 on a eut la volonté d'en faire un inventaire pour les mettre à la disposition du public mais ce projet est mal mené, la plupart de ces livres ont été abîmés, volés…
Jusqu'en 1795 ces livres ne bouge pas de ces dépôts littéraires.
En 1795 on crée les bibliothèques des écoles centrales où on regroupe ces livres.
Le décret du 8 pluviose an XI (janvier 1803) c'est la création des bibliothèques municipales.


Le XIXème siècle :
C'est une période de grande mutation pour l'histoire du livre, c'est l'ère de l'industrialisation et de l'alphabétisation.
Le livre entre dans la production industrielle.
Retour sur la liberté conquise à la révolution française, retour sur un brevet.
L'imprimerie est à nouveau contrôlée.
Le brevet peut être légué de père en fils mais il est dur a obtenir.
Censure de l'église avec la réapparition de l'index.
Hugo, Balzac, Sand, Flaubert… étaient mis à l'index, leur littérature était considérée comme immorale. Réapparition de la censure.
Anastasie : en Grec celle qui endors, c'est la caricature de la censure.
Malgré ces tentatives de contrôle, l'écrit et l'imprimerie vont se développer grâce à l'alphabétisation qui se développe en France avec deux lois :
- la lois Guizot de 1833 qui oblige les villes ou villages de plus de 500 habitants à avoir une école.
- Les lois Jules Ferry qui rendent l'école laïque et obligatoire (1882)
Il y a donc l'apparition d'instituteurs laïques, l'école se répand dans les villages et donc la grande majorité des enfants apprennent à lire.
En 1832 : plus de 50 % des hommes ne savent pas lire
En 1914 : moins de 4 % des hommes ne savent pas lire
L'industrialisation de la production avec en particulier l'introduction de la machine à vapeur qui arrive en France en 1930 donc on a une mécanisation de l'imprimerie.
Le système de la presse à bras va être remplacé par un système mécanique à vapeur.
Donc ça va permettre une production beaucoup plus importante.
Apparition en 1830 de la rotative, la presse qui jusqu'à présent était plate devient ronde et donc on peut imprimer sur des rouleaux de papier en continue, ça accélère le processus de production. Tout devient mécanisé.
Histoire du Livre - Linotype La linotype apparaît en 1880 et permet de composer la forme du texte avec une sorte de machine à écrire (aligne les poinçons).
Comme la production augmente, les besoins en papier augmentent en conséquence.
Jusqu'au 19ème siècle le papier était fabriqué à partir de chiffon.
On invente un nouveau procédé de fabrication de papier à partir de bois.
La papier à base de bois a un PH beaucoup moins stable et vieillit très mal, il jaunit, devient friable…
Il y a des ateliers de désacidification du papier.
On a donc un papier plus abondant mais de mauvaise qualité.
Au 19ème siècle la production des livres évolue aussi, c'est le siècle des éditeurs.
Un des plus important au 19ème siècle c'est Hetzel qui fonde sa maison vers 1830 et qui se spécialise dans la lecture pour enfants.
C'est l'éditeur de Jules Verne et George Sand notamment.
Hachette est crée par Louis Hachette et se spécialise dans le livre scolaire. Il est le premier à créer des points de ventes dans les gares.
Ça va créer un nouveau réseau commercial pour le livre.
Il crée une collection spéciale : la bibliothèque des chemins de fer.
Camille et Ernest Flammarion se spécialisent dans le livre de vulgarisation scientifique (un des deux frères était astronome).
Larousse, c'est un ancien instituteur qui devient éditeur pour éditer son propre dictionnaire.
Le paysage éditorial français du 20ème siècle se met en place au 19ème siècle.
Apparition de gros tirage : le tirage moyen en 1840 est de 2000 exemplaires.
A la fin du siècle on a des tirages de plusieurs dizaines de centaine d'exemplaires.
Par exemple : 60 000 exemplaire pour " l'assommoir " de Zola
L'édition devient une vraie industrie.
De même que la production s'industrialise, le commerce se modifie également (apparition de nouveaux points de vente) diffusion de nouveaux types de documentations, apparition d'une littérature jeunesse, développement de la presse, des albums, des livres illustrés…
Apparition de nouveaux lecteurs qui entraîne l'apparition de nouveaux genres littéraires avec des romans feuilletons, de la littérature jeunesse…
Il y a une lutte entre des éditeurs catholiques comme Mame (à tours) et des éditeurs républicains et laïques comme Hachette ou Hetzel.
La littérature jeunesse reste un enjeu politique.
La littérature scolaire qui se développe est aussi un vecteur politique important.
Il y a un livre célèbre c'est " le tour de France par 2 enfants " écrit par G. Bruno.
Le 19ème siècle c'est l'ère des grandes mutations industrielles dans la fabrication des livres avec les machines à vapeur, la linotype …

XXème siècle : époque de la multinationalisation et de la multimédiatisation.

Ce qui caractérise le 20ème siècle c'est une relative continuité avec le siècle précédent jusque vers les années 60, c'est à dire une industrialisation de la production des livres, l'alphabétisation massive qui permet l'accès à la lecture à un plus grand nombre de personnes presque la totalité, il y a aussi un tirage plus important des titres et l'apparition de nouveaux genres de lectures (roman feuilleton, roman de gare, littérature pour la jeunesse notamment).

Pendant la guerre de 39-45 on a, à cause des évènements politique un contrôle politique fort sur la production éditoriale (contrôle des Allemands et contrôle de Vichy).
Il y a une inspection régulière des bibliothèques, il y a donc un contrôle à la fois de la production et de la lecture.
Une réaction à cela fait qu'il y a eut toute une littérature de la résistance qui se développe clandestinement (tracte, pamphlets, œuvres littéraires…).
A partir des années 1960 il y a l'évolution du paysage éditorial avec un changement sociologique qui entraîne du changement dans la lecture c'est à dire l'explosion du système éducatif.
A la fin du 19ème siècle l'ensemble de la population accède à la lecture et vers les années 60, ils peuvent accéder aux études supérieures.
Le lycée était quand même réservé à une élite sociale avec des bourses.
Après 68 on a un accès plus important aux études supérieures.
La production éditoriale va s'adapter à ces nouveaux besoins du lectorat.
Parallèlement à ça, on a une plus grande diversité dans les pratiques de lecture puisque les lecteurs ont des niveaux d'études différents.
Un même texte peut être lu a plusieurs niveaux : c'est donc le lecteur qui induit le sens du livre qu'il lit.
Il y a aussi une plus grande homogénéité de la lecture notamment avec l'arrivée de la télévision et des émissions littéraires (exemple : " apostrophe " de Bernard Pivot)
Ça uniformise la lecture, tout le monde lit les prix littéraires.
Exemple : Claude Hagège linguistique qui est passé chez Pivot à eut un grand succès qu'il n'aurait pas eut sans ça.
Les clivages traditionnels entre les lecteurs s'amenuisent.
La France lit plus mais les français lisent moins.
Globalement il y a plus de gens qui lisent mais il y a moins de gros lecteurs.
Une étude faite en 67 montre qu'à l'époque les étudiants du supérieur lisaient tous au moins un livre par mois.
Aujourd'hui seulement deux étudiants sur trois lisent au moins un livre par mois.
Le livre devient un objet de consommation courante.

Evolution du paysage éditorial
Pendant toute la moitié du 20ème siècle il y a la persistance des maisons d'édition qui ont été crée au 19ème siècle comme Flammarion, Hachette, Larousse.
Apparition de Gallimard en 1911 crée par André Gide.
Au départ il voulait créer une revue littéraire " la nouvelle revue française " dite NRF puis de fil en aiguille il devient son propre éditeur et confie sa maison d'édition à Gaston Gallimard qui est un homme d'affaire dans le domaine de la culture et notamment dans le domaine du théâtre.
Il y a des conflits entre André Gide et Gaston Gallimard mais Gallimard va conserver la maison d'édition (1919).
A la fin du 20ème siècle, 1970-80 environs, un nouveau phénomène apparaît : c'est la concentration des maisons d'édition c'est à dire que de grosses maisons d'édition rachètent de plus petites et créent de grands groupes éditoriaux.
Cela s'étend à d’autres groupes commerciaux.
Dans les années 80-90 il y a deux grands groupes éditoriaux : Hachette et le groupe de La Cité
(Hachette appartient d'ailleurs à Matra Vivendi).
Hachette regroupe : les éditions Le Stock, les éditions Frillard, les éditions du Livre de Poche, la collection Arlequin, les Guides Bleus, les éditions Calmant Lévi….
Le groupe de La Cité regroupe : les éditions Laffont, les Presses de La Cité, les éditions Bordas, les éditions Juliard, les éditions Le Plomb, les éditions du Fleuve Noir, les éditions Dunot, les éditions Solar, les éditions Masson…
Le club France Loisir est propriétaire de 25 % du groupe de La Cité. Il appartient lui même à un groupe allemand.
Cette concentration et le fait que la production du livre est plus facile avec l'informatisation fait que l'on a une multiplication des titres proposés puisqu'il y a un lectorat plus varié, des maisons d'édition plus puissant.
Le tirage diminue et il est assez nettement inférieur (8500 exemplaire par titre environs) à ce qu'il était à la fin du 19ème siècle ( 10 000 exemplaires par titre environs).
Maintenant on a plus facilement recourt à des rééditions.
Un livre est libre de droit d'auteur 70 ans après la mort de l'auteur.
Un nouveau type d'ouvrage apparaît dans les années 60, c'est le Best Seller, c'est à dire un succès de librairie en français.
Le livre devient un objet de marketing.
Il peut être soit programmé (c'est à dire construit de telle sorte qu'il sera un succès) soit non programmé (une œuvre, à laquelle on ne s'attendait pas, a un grand succès).
Apparition du livre de poche vers la même époque, année 50-60.
Le premier livre de poche c'est " le livre de poche " en 1953 lancé par Hachette.
Ce sont des ouvrages accessibles à tous et à bas prix.
En 1990 il sort un livre de poche très peu cher au prix unique de 10 francs.
" Parole de poilu " est l'un des livres les plus vendu de l'année.
Apparition de nouveaux circuits commerciaux, à côté des librairies classique, ce sont les grandes surfaces ( Carrefour, Auchan, La Fnac, Le furet du Nord…)
Apparition des clubs de vente comme France Loisir dans les années 70.
Pour réglementer la commercialisation du livre il y a eut en 82 la loi Lang : c'est le prix unique du livre, il ne doit pas y avoir une réduction supérieur à 5 % par rapport à son prix de vente. Cette loi est toujours en vigueur et a été prise pour maintenir le réseau de librairie par rapport aux centre commerciaux, mais malgré ça les librairies sont en chute libre, ça devient de moins en moins rentable.
Apparition aussi des médiathèques qui propose des livres mais aussi des disques, vidéos, logiciels… Le livre s'intègre dans le multimédia.


Internet et édition : c'est la 3ème révolution du livre selon R. Chartier

Cette révolution est plus importante que l'invention de l'imprimerie.
Elle va bouleverser notre façon de percevoir les connaissances.
Le livre était grosso modo resté le même.
Avec Internet on a un nouvel aspect de présentation matérielle des connaissances.
Le passage du volumen au codex avait changé la façon dont on percevait le contenu de l'œuvre, là c'est la même chose.
Avec Internet on retrouve un peu le système du rouleau, on fait défiler le texte sur l'écran.
Ce n'est plus du tout la même présentation matérielle. Cela influx sur la façon d'appréhender les connaissances.
Avec l'apparition d'Internet, toute la chaîne de commercialisation et de fabrication du livre se trouve bouleversée.
Avec Internet tout le monde devient auteur, il n'y a plus d'éditeur, on est notre propre éditeur et les systèmes commerciaux sont bouleversés.
La séparation des taches n'existe plus, de même que la notion de durée.
Au départ avec Internet il y avait deux avantages : à la fois l'interactivité (entre auteurs et lecteurs) et l'universalité des connaissances (on peut avoir accès à toutes les connaissances).
On a comparé l'apparition d'Internet avec l'idéal des Lumières, c'est à dire que c'est un savoir universel, encyclopédique et accessible à tous.
Avec l'édition sur Internet on a des avantages mais aussi des inconvénients.
Les avantages c'est qu'il y a une interactivité possible, une universalité des connaissances, une plus grande liberté d'accès aux connaissances et le fait que le livre se soustrait au monde commercial.
Les inconvénients c'est que l'accès est de moins en moins gratuit et il y a des concentrations importantes internationales qui ont tendance à verrouiller l'offre.
On se retrouve avec des choix culturel imposé (par exemple : la dominance de l'anglais et de l'américain).
La diversité culturelle devient moins importante.
L'apparition du texte électronique va modifier notre façon de lire.
Avec le livre on a une lecture linéaire (début, milieu et fin), alors qu'avec Internet on a une lecture non linéaire, plus fragmentaire.
Ce sont nos choix personnels qui font notre lecture, c'est le lecteur qui fait l'œuvre.
Deux lecteurs n'auront jamais lu le même livre de la même façon.
Le lecteur est beaucoup plus acteur mais c'est moins riche de sens.
L'hypertexte produit l'hypolecture, c'est à dire un niveau de lecture inférieur à celui du texte imprimé donc le type de lecture change.
Le texte électronique pose aussi le problème de la conservation et de l'archivage des textes puisque le texte électronique est beaucoup plus mouvant, un site peut changer chaque jour son contenu, on n'a pas la mémoire du passé.
Il y a des accès à des banques de données, des archivages mais ce n'est pas quelque chose de matériel ce qui fait que lorsqu'on se désabonne on n'a plus accès à tout ça.
Histoire du Livre - CytalePour le patrimoine, Internet est un excellent outil.
Le serveur de la BnF par exemple propose des œuvres numérisées gratuitement (www.bnf.fr)
Il y a l'apparition ces dernières années de nouveaux supports qui ont essayés de marier le support du livre et le texte électronique : le e-book, le e-cartable et le e-ink

Le e-book a été présenté pour la première fois en mars 2000 et il est commercialisé depuis décembre 2000 par la société visionnaire Cytale. C'est un objet qui essaie de se rapprocher le plus possible du livre, c'est donc un objet de format A4 qui a le poids et l'épaisseur d'un livre mais avec un écran d'ordinateur. Cela permet de lire des livres (on peut en stoker 30 environs en mémoire) ou d'être abonné à des journaux. En dépit d'avantages et de modernisme l’e-book a clairement raté son entrée. Disponible pour une somme équivalente à 800 euros, cela représentait l'achat de 160 livres physique, donc le succès ne fut pas au rendez-vous.

Le e-cartable, c'est le même procédé sauf qu'il est réservé à l'usage des écoliers et des professeurs, cela évite la surcharge de poids des livres ordinaire et aussi de les avoir tous à porté de main.

Histoire du Livre - E-inkLe e-ink (encre ou écriture électronique), c'est un support électronique qui essaie de se rapprocher le plus possible de l'aspect du papier mais on peut décharger un texte électronique.
Il a été présenté en mai 2000 au Congrès International des éditeurs à Buenos Aire.
Ces inventions nous montrent que psychologiquement on reste dépendant du livre.

L'édition à la carte (la découverte Syros) : on édite les ouvrages à la demande, c'est une nouvelle façon de commercialiser le livre. Ça permet de faire des versions différentes d'un même texte suivant le public auquel ils s'adressent.
Avec Internet le problème qui se pose est celui de la protection du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle et aussi le problème du piratage.
Comment vendre des textes sur Internet sans qu'il soit piraté ?
C'est ce même problème pour le son (procès du site napster) et l'image.
Stephen King a publié fin juillet 2000 un roman sur Internet par épisode, il a complètement court-circuité son éditeur.
Il demandait un dollar par épisode aux lecteurs pour lire la suite s'ils ont aimés.
C'était une démarche spontanée de la part des lecteurs, ils n'étaient pas obligés de payer.
Il a publié dix ou onze chapitres, un million six cent milles personnes sont venues lire son livre sur son site.
Arthuro Perez-Reverte a, lui aussi, publié sur Internet un roman qu'il a écrit, un mois avant la sortie de la version papier, l'accès coûtait 18 francs, cela est dérisoire face au prix du livre en librairie (180 francs).

Quelques années plus tard le domaine du livre électronique atteint sa maturité. À la fin 2007, Amazon lance le Kindle sur le marché américain, un lecteur qui ne fonctionne qu’avec des livres téléchargés depuis le site américain, soit quelque 200.000 titres anglo-saxons. Le Kindle s'est immédiatement retrouvé en rupture de stock devant une demande grandissante.

En réponse au printemps 2009, Amazon a décliné le Kindle 2, plus fin, plus élégant, qui propose la lecture vocale et dispose d’une capacité de stockage presque dix fois supérieure au premier modèle (1500 livres). Le Kindle 2 est disponible à la vente pour le territoire français. Seul bémol, la majorité des publications proposées sont anglo-saxones, de plus la politique française du prix unique pour le marché du livre freine nettement l'évolution de la technologie dans l'Hexagone.

Au niveau mondial, les ebooks doivent faire face à plusieurs formes de concurrence. L’une est celle des PC ultra-portables, comme ceux d’Asus qui affichent mieux les documents PDF, quand bien même le confort de lecture n’est pas comparable à celui d’un Sony Reader. L'autre, beaucoup plus importante, vient des appareils portables polyvalents tel que l'iPhone ou l'iPad d'Apple qui séduisent un public de plus en plus large avec des fonctions tactiles très intuitives qui s'adapte au plus petits comme aux plus vieux.

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M.M.