Réalisateur
: Louis Malle
Realisé en : 1987
Interprètes : Gaspard Manesse, Raphaël Fetjo
Genre : Drame
Résumé
: En 1944, dans un collège religieux de province, un enfant
se lie d'amitié avec l'un de ses camarades qui sera arrêté
et déporté parce qu'il est juif.
Notre
avis :
Louis Malle signe ici un autre chef d'œuvre, ce film dépeint magnifiquement
l'ambiance des derniers mois de la deuxième guerre mondiale. Tout droit
sortie de la mémoire du réalisateur ce film dénonce l'antisémitisme et
les camps de concentration avec une émotion et un goûts amer. "Bonnet,
Négus et Dupré sont morts à Auschwitz, le père Jean au camp de Mathausen.
Le collège à rouvert ses portes en octobre 1944. Plus de quarante ans
ont passé, mais jusqu'à ma mort, je me rappellerai chaque seconde de ce
matin de Janvier". La mélodie au piano s'élève, le générique de fin se
déroule…C'est sans aucun doute le passage du film que je préfère, pourquoi
? je n'en sais trop rien, peut être parce que l'évocation des camps de
concentration m'avait bouleversée alors que j'ignorait encore ce que cela
était.
"Au
revoir les enfants s'inspire du souvenir le plus dramatique de mon
enfance. En 1944, j'avais 11 ans et étais pensionnaire dans un
collège catholique, près de fontainebleau. L'un de mes camarades,
arrivé au début de l'année, m'intriguait beaucoup.
Il était différent, secret. J'ai commencé à
le connaître, à l'aimer quand, un matin, notre petit monde
s'est écroulé. Ce matin 1944 a peut être décidé
ma vocation de cinéaste. C'est ma fidélité, ma référence.
J'aurais dû en faire le sujet de mon premier film, mais j'hésitais,
j'attendais. Le temps a passé, le souvenir est devenu plus aigu,
plus présent. L'an dernier, aprés dix ans aux Etats Unis,
j'ai senti que le moment était venu et j'ai écrit le scénario
d'Au revoir les enfants. L'imagination s'est servi de la mémoire
comme d'un tremplin, j'ai réinventé le passé, au-delà
de la reconstitution historique, à la poursuite d'une vérité
à la fois lancinante et intemporelle. A travers le regard de ce
petit garçon qui me ressemble, j'ai essayé de retrouver
cette première amitié, la plus forte, brusquement détruite,
et la découverte du monde absurde des adultes, avec sa violence
et ses préjugés. 1944 est loin, mais je sais qu'un adolescent
d'aujourd'hui peut partager mon émotion". Louis Malle
( extrait du dossier de presse)
Palmarès
du film :
- Lion d’Or 1987
- Meilleur film Etranger - Los Angeles Film Critics Association Award
(LAFCA) 1987 7
- César dont meilleur film (1988)
- European Film award du meilleur scénario 1988
- BAFTA Film award (David Lean Award pour la mise en scène) 1989
- Meilleur film européen au Bodil Festival 1989
On relève un
petit anachronisme dans le film : Quentin dit à un de ses
copains : 'Est ce que tu te rends compte qu'il n'y aura jamais plus de
Jeudi 17 Janvier 1944'. Or , le 17 Janvier 1944 est un Lundi.