Résumé
: Dans ces lieux où on se côtoie sans jamais se rencontrer.
Où la musique gère la pulsion des corps. Il danse, lui,
son fiancé, le regard tourné vers lui-même. Il ne
la regarde pas. Il est bien trop occupé à fondre son corps
à l'hydre primordiale faite du corps des autres. Ils sont tous
beaux, ils n'aspirent qu'à se reconnaître dans la beauté
de l'autre.
Elle est la fille, habillée de noir. Si jeune et déjà
vêtue du deuil d'elle-même. Dans les toilettes, elle prend
un rasoir et entaille son poignet. C'est ainsi qu'ils se rencontrent.
Désormais, elle prend sur lui le pouvoir des victimes.
Elle paiera le prix qu'il faut pour qu'il la regarde : "Par là
où elle n'est pas regardable". Car c'est du regard des hommes
qu'est constituée l'obscénité des femmes. Elle l'a
choisi parce qu'il n'aime pas les femmes. De ce tête à tête
naissent le désir et la haine meurtrière qui l'accompagne.
Notes
: Catherine Breillat a adapté cinématographiquement
son roman "Pornocratie" paru en 2002 aux éditions Denoel.
Ce film marque la deuxième collaboration entre Catherine Breillat
et Rocco Siffredi qui avait déjà eu l'occasion de travailler
ensemble sur le tournage de "Romance X". Le film prévoyait
initialement une scène qui impliquait un rapport homosexuel, mais
Rocco a refusé de jouer cette scène, l'homosexualité
du personnage a donc été sous entendu par une embrassade
entre les deux hommes lors d'une autre scène.
Quant à Amira Casar, elle achevait le tournage de "Sylvia",
avec Gwyneth Paltrow , l'histoire de la poétesse Sylvia Plath qui
vécut dans les années 1950 avant de se suicider lorsqu'elle
a acceptée de se lancer dans l'aventure de "Anatomie de l'enfer"
: " Se transporter dans le monde de Breillat marquait forcément
une rupture. Mais j'y allais en confiance, prête à m'abandonner
dans les limites claires que j'avais fixées ". Pour se sentir
à l'aise, l'actrice exigea une doublure pour les scènes
à caractère sexuel.