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Claude Garelli
"Les métamorphoses du regard"

 

Claude GarelliClaude Garelli en CorseRésidant depuis ces 25 dernières années à Paris, Claude Garelli passe beaucoup de son temps en Corse où elle vit désormais la moitié de l'année.
C'est avec passion que Claude Garelli pose sur la toile sa vision du monde. Son imagination fertile donne naissance à une peinture spontanée, colorée faite de contrastes forts, de formes en mouvement ouvrant sur un univers particulier où chacun peut y reconnaitre son propre univers.

Dans son enfance et plus tard, Claude Garelli séjourne au Laos, au Cambodge, au Vietnam où elle fut prisonnière des Japonais, puis en Thaïlande. Elle fait de longs séjours en Afrique, au Zaïre, à Madagascar, en Europe occidentale et orientale.

Pendant 10 ans, Claude Garelli séjourne à New York, elle visite les Etats-Unis de la côte atlantique à la côte pacifique et le Canada. Elle a accompli de longs voyages en Amérique latine, au Mexique, au Guatemala, au Brésil et à Cuba.

Ses séjours multiples la sensibilise à la misère, la souffrance et à la douleur humaines, que sa sensibilité de femme a intégré, mais aussi métamorphosé dans la création de ses tableaux.

Aux travers de ses voyages, Claude Garelli découvre les plus grands Musées du monde et se laisse envoûter par l'architecture des pays et des villes qu'elle visite.

Amie de plusieurs peintres et sculpteur français, américains et sud américains, tels que Roger Tolmer, Roger Eskenazy, Jean Cotté, Paul Jenkins, Gonzalo Fonseca, Ugo Consuegra, Claude Garelli vit de nombreuses années dans l'intimité de leurs ateliers.

Claude GarelliComme l'écrivait le peintre Roger Eskenazy se référant à l'ensemble de l'œuvre de l'artiste :
"De Claude Garelli on se rappelle les villes inconnues surgies des songes : des ruelles, d'étroits passages, des échelles sans appui, des passerelles en suspension, des visages soleils lumineux comme des livres, de petites figures en quête d'improbables issues, des gardiens de l'ombre, invisibles. Des interrogations. Avant toute figuration, c'est dans le bruissement du silence intérieur que se déploie l'harmonie.
Parcours de la main pensante : des efflorescences, des obliques péremptoires, des enroulements labyrinthiques, des entrecroisements accumulés…
Ces formes sont premières qui deviennent des dragons arborescents, des monstres hirsutes, des arbres en éclats, des villes fracassées, des rivières de sang, des guerriers, des martyrs, des êtres innommés…points de vue multiples, contrastes inattendus provoquent dans leur dynamisme une profondeur où le regard médite. Aux pieds du Visionnaire- verticale immobilité de celui qui obéit à la Voix- les remous des vents et des mers s'apaisent. S'ouvrent des espaces sans commencement ni fin".

Claude Garelli

 

Claude Garelli
Claude Garelli, artiste peintre
Pierre Laffitte, Sénateur des Alpes Maritimes
Jacques Garelli, Poète

 

Claude Garelli

 

Après la triple exposition des quarante tableaux de l'Apocalypse, en 2004, au Musée de Saint Cloud, à Paris, à la Cathédrale de Bruxelles et, à titre permanent dans l'Atrium de la Bibliothèque Monumentale du Monastère Saint Jean L'Evangéliste de Parme, qui lui est dédié, c'est selon un registre radicalement différent que Claude Garelli a présenté en Mars 2005, dans la salle d'exposition de la Fondation Sophia Antipolis, une série de créations récentes, qui mettent en scène les " Métamorphoses du regard."

La dimension européenne des expositions de Claude Garelli attestent de l'importance et de l'originalité de son œuvre…Le monde pictural de Claude Garelli manifeste un équilibre soutenu entre l'invention du graphisme et le jeu non figuratif des masses et des couleurs.

Il y a chez Claude Garelli une explosion créative où les couleurs se heurtent tout en s'entremêlant, une multiplicité d'espaces où l'on ne se sent jamais enfermé dans la tension rythmique des événements qu'elle décrit. Dans ses compositions, les rapports des masses et des couleurs se creusent par d'infimes personnages qui animent de leurs gestes l'espace où s'organisent des situations énigmatiques.

C'est selon ce même esprit que les peintures présentées sous le titre de "Métamorphoses du regard" ont été conçues.
Mais que faut-il entendre par ce titre ? En quoi le regard peut-il être soumis à l'ordre des métamorphoses, quand, selon la tradition, au moins depuis Ovide, ce sont les personnes, les animaux et les choses qui sont affectées par cet ordre de transformation ?

En fait, pour un peintre, les formes de la nature ne sont jamais fixes, arrêtées, stables, de façon à coïncider avec l'ordre institué des définitions selon lesquelles un chat est un chat…
Différemment, c'est l'exercice actif du regard qui préside aux modifications constantes de structures et à l'émergence de formes nouvelles selon que les choses mises en rapports les unes avec les autres s'inscrivent dans telle ou telle configuration.

A ce niveau de création picturale, voir est autre chose que regarder distraitement une scène toute faite, prête à être enregistrée. Voir, c'est sentir, palper, éprouver le poids des choses, mais aussi saisir derrière l'énigme toujours vivante des personnages, qui, de ce fait, sont en phase de métamorphoses et les situations qui surgissent des masses et des couleurs et qui se donnent à contempler comme des rayons de temps et des rayons de monde, voir, c'est proprement penser selon l'union très rare que seuls de grands artistes peuvent promouvoir entre le travail de l'œil et l'accueil du regard.

Dans chacune des œuvres il y a un fil conducteur qui fait l'unité de la création. Surgit alors une multiplicité d'êtres et de choses, qui constituent la trame de l'histoire en phase de métamorphose et qui se déploient devant le regard.
La scène peinte suscite l'interrogation et fixe le regard sur chacun de ses détails.

Les couleurs s'entremêlent avec poèsie : les vert-acide, d'une profondeur marine jouent avec le gris des miroirs et le bleu des vitraux ; les rose-violacé, avec le pourpre que croise en écho l'or rutilant ou fané des blés et des roseaux ;
Et puis, il y a l'impériale structure barricadée du Noir, qui dresse et impose ses cages, comme la quête du vide dans l'épopée du Blanc.
Ainsi, les scènes offertes au regard recèlent-elles, en deçà de tout thème et de tout symbole, une part ouverte d'énigme, qui s'exprime à même la texture visuelle de l'œuvre, dans le jeu des ocres, des bleus, des roses et des verts, ou alors dans l'irruption d'une trombe de lumière, dont les faisceaux ascendants des obliques rappellent que les couleurs d'ici-bas viennent de plus loin et conduisent ailleurs. C'est dans ce mouvement d'irruption, d'appel et de fuite que se déploient picturalement les métamorphoses du regard.

(source : texte de Jacques Garelli)

 

 

 

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M.M.

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