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Le massacre des phoques

Quand l'insoutenable devient banal

Le monde va mal et l'on s'en rend compte par beaucoup d'aspects : la cruauté devient chose courante et se passe sous les yeux des pouvoirs publics qui restent complètement léthargique devant ces massacres.
L'horreur va de plus en plus loin, ces massacres ne sont pas sans rappeler les massacres humains en temps de guerre, et les animaux sont considérés comme des purs produits commerciaux.
Leur souffrance est ignorée, le carnage continue... dans le silence.

Brigitte Bardot (massacre des phoques)L’opposition à la chasse aux phoques est devenue quasiment le symbole le plus répandu à travers le monde de la défense animale, à cause notamment de la publicité que l’ex-actrice Brigitte Bardot a insufflé à cette opposition en s’y associant en 1977 et en se rendant elle-même sur la banquise à cette époque. C’est Marguerite Yourcenar qui avait informé Brigitte Bardot du gigantesque massacre des phoques, des blanchons en particulier, à la fin de chaque hiver sur la banquise, au nord-est du Canada.

Le mouvement de défense animale se divise essentiellement en deux approches. L’approche dite du bien-être animal et celle de la libération animale. Dans le premier cas, on trouve légitime d’exploiter les animaux mais on veut que cela se fasse avec « humanité ». Dans le second cas, on trouve illégitime, immoral, d’exploiter les animaux et on veut que cessent toutes les formes d’exploitation : élevage, chasse, piégeage, pêche, vivisection, etc.

Cette dernière approche s’inscrit dans un mouvement de libération plus large qui remet en cause d’autres rapports de domination que l’humanité a généré en son propre sein au cours de son histoire. Toutes les formes d’oppression sont dénoncées et combattues : le sexisme, le racisme, l’homosexisme, les discriminations selon l’âge, les classes sociales,… et le spécisme.

 

La cruauté est au rendez-vous chaque année
Cette année, le gouvernement canadien autorise le meurtre de 319 500 phoques. Sur ce nombre, 90% des individus tués auront entre 12 jours et 12 semaines d’âge. Ce ne sont pas des phoques adultes, mais le gouvernement a décrété qu’ils l’étaient du seul fait que leur fourrure blanche s’est muée en une autre fourrure... Si le gouvernement le dit, il faut le croire, n’est-ce pas? Un phoque ne peut se reproduire qu’à partir de l’âge d’environ 5 ans... Bref, on ne tue plus les blanchons, mais on tue encore des individus extrêmement vulnérables, des bébés, beaucoup ne sachant en effet même pas encore nager, n’ayant même pas encore pris le moindre repas solide. Ce n’est pas de la chasse à proprement parler. Les "chasseurs" arrivent sur la banquise à peu près comme s’ils pénétraient dans une pouponnière… et ils s’octroient le droit de tuer ces tout jeunes êtres en leur fracassant le crâne avec diverses sortes d’armes (plusieurs sont illégales), dont le fameux hakapik (gaffe ressemblant à un pic à glace). Comme tous ces tueurs ne sont pas maîtres dans l’art de tuer du premier coup, ils leur arrivent de frapper les phoques à répétition, parfois au visage, et dans la frénésie de tuer pour atteindre les quotas permis, une équipe de vétérinaires indépendants a évalué que plus de 40% sont dépecés alors qu’ils sont toujours vivants. Leurs corps auxquels la peau aura été arrachée sans souci des souffrances atroces subies, agoniseront dans une douleur insoutenable... difficile à imaginer.

Le massacre des phoques
S'il pouvait entrevoir l'horreur qui l'attends, il partirait bien loin...
Le massacre des phoques
Le massacre des phoques
Le massacre des phoques
Le massacre des phoques
Le massacre des phoques
Le massacre des phoques

 

La chasse aux phoques au Canada n’est rien de moins que le plus grand abattage de mammifères marins sur la planète. Après le kangourou en Australie, c’est le second plus grand abattage d’espèces sauvages. C’est le seul abattage de masse qui implique des animaux sauvages nouveaux-nés.

Pourtant les promoteurs de cette sanglante barbarie disent que tout se déroule "humainement", sans cruauté, et que les cas de violation des règlements, pourtant bien documentés par les opposants à cette chasse, sont l’exception… On concède que c’est une pratique brutale, mais pas cruelle… à vous d'en jugez.

 

Pour des raisons irrecevables ou carrément mensongères
Les bébés phoques sont tués principalement pour leur fourrure, un produit de luxe, donc inutile, et pour leur huile, un produit riche en métaux lourds et en BPC, qui est utilisée entre autres comme suppléments d’oméga 3. Cet acide gras se trouve en quantité suffisante dans les graines de lin, l’huile de canola, de noix, de chanvre, les noix de Grenoble et les graines de citrouille, pas besoin de tuer des phoques, ni les poissons… Leur pénis, auquel est attribué des effets aphrodisiaques, fait aussi l’objet d’un commerce avec les pays d’Asie… Comme on peut aisément le constater, on massacre des êtres vivants pour des produits d’une extrême inutilité, même nocifs pour la santé… Outre que cette tuerie ne soit pas du tout liée à une quelconque nécessité de subsistance, c’est…

 

Une tuerie écologiquement non soutenable
Ce ne sont pas des objectifs de conservation qui motivent les décisions du gouvernement canadien, et c’est l’argent des contribuables canadiens qui sert à rendre exécutoires des décisions auxquelles par ailleurs une majorité de ces contribuables s’opposent.

Greenpeace a rendu public, il n’y a pas longtemps, un rapport qui démontre clairement que les données "scientifiques" utilisées par le gouvernement canadien pour justifier la chasse commerciale aux phoques sont inexactes, incomplètes et désuètes. Le rapport conclut que la seule solution écologiquement et scientifiquement justifiable est de suspendre immédiatement toute chasse commerciale.

Les phoques du Groenland risquent à brève échéance de devenir une espèce menacée d’extinction. Le réchauffement global, la diminution des ressources en nourriture, l’empoisonnement par les métaux lourds, constituent d’autres réelles menaces à la survie des phoques. Mais il semble que cela ne soit pas pris en considération dans les "calculs" du gouvernement.

Abattre un si grand nombre de phoques constitue également une menace pour le rétablissement des populations de morues puisque les phoques se nourrissent entre autres poissons, des prédateurs de la morue, la morue ne représentant que 3% de son alimentation. Pourtant le gouvernement canadien a effrontément menti à ce sujet dès 1992, il a fait du phoque le bouc-émissaire, le grand coupable de la raréfaction des morues, au lieu de reconnaître que l’avidité humaine, la surpêche, l’incompétence et la mauvaise gestion de Pêches et Océans Canada en étaient les véritables responsables.

Des prétextes pour tuer, il en existe toujours, n’est-ce pas? Un ours attaque un humain, que déjà les groupes de chasseurs font pression sur le gouvernement pour leur permettre d’augmenter leurs "prises", leurs "récoltes". N’est-ce pas une tentative de masquer la violence, de duper les esprits que d’utiliser de tels euphémismes en parlant du meurtre des animaux? Il ne faut pas se laisser berner par le langage des "connaisseurs".

 


Pétitions, lettres, manifestations internationales, menaces de boycott
Tout l’arsenal pacifiste habituel déployé pour tenter d’exprimer un désaccord n’est nullement pris en considération de la part du gouvernement canadien qui ne cesse de faire la sourde oreille. À chaque année, un nombre sans doute assez important de citoyens canadiens et étrangers revient à la charge, demande que cette barbarie cesse. Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) qui s’oppose depuis 1969 à cette chasse, a recueilli cette année une pétition d’une centaine de milliers de noms qu’il a présentée au gouvernement… mais il semble que cela ne l’impressionne pas. Le dernier « plan d’abattage» gouvernemental, celui de 2003-2005, autorise le meurtre de 975 000 phoques. Plusieurs organisations se sont donc concertées cette année pour augmenter la pression sur le pouvoir étatique et pour alerter les citoyens un peu partout dans le monde. Le seul moyen efficace de faire pression semble être le boycott. The Humane Society of the United Stated (HSUS) a donc lancé aux États-Unis un appel au boycott des produits de la mer canadiens le jour où le premier phoque a été assassiné cette année. Ce boycott pourrait se répandre bien au-delà des états-unis.

 

Intimidation, menaces et agressions
Presque tous les opposants à ces massacres, présents sur la banquise pour documenter et être en mesure de répandre la vérité, de montrer cet enfer rouge glacé, ont été sérieusement menacés par des chasseurs.
Ce comportement agressif de la part des "chasseurs" confirme une fois de plus une vérité reconnue : la violence à l’encontre des animaux et celle à l’encontre des humains vont de pair… Une société qui légitime ou tolère la violence à l’égard des animaux ne saurait mettre fin à cette violence en son sein même.


Le Farley Mowat, avec son capitaine Paul Watson (co-fondateur de Greenpeace) menacé, battu, traîné dans les eaux glacées… à mainte reprise pour avoir défendu la vie, continue son combat pour qu'un jour cesse le massacre des phoques...

La Fondation Brigitte Bardot est intervenue, le 10 mai 2004, auprès du Président Chirac afin de réclamer l'interdiction d'importer en France tout produit issu de la chasse aux phoques (peaux, graisse, huile...)
Plus de 30 ans d'une lutte acharnée contre cette ignominie pour revoir toujours les mêmes images insoutenables… Il convient cependant de continuer et continuer encore à dénoncer, à protester et à intervenir pour qu'un jour, enfin, la sagesse prenne le pas sur l'inconscience coupable d'une humanité atrocement destructrice. Agissez ! Remplissez la pétition.

 

Même lucides, les hommes sont capables de génocide...

 

APPEL AU BOYCOTT

La Fondation Brigitte Bardot, qui fait partie de la coalition internationale* appelle, aujourd'hui, au boycott des produits canadiens et plus particulièrement des produits issus de la mer.
En effet, l'industrie de la pêche canadienne soutient principalement la chasse aux phoques, le Canada étant le 5 ème exportateur mondial de produits issus de la mer.

Brigitte Bardot s'adresse aujourd'hui à l'Etat canadien " cessez définitivement cette chasse ignoble, indigne de l'homme.
Je supplie tous les consommateurs de tous pays de ne plus acheter de produits canadiens ! Puisque l'Etat canadien est resté insensible à la souffrance des phoques massacrés malgré les protestations du monde entier, il prendra peut-être en considération ce boycott économique puisque seul l'argent l'intéresse ! "

Rappelons que depuis 2003, 975 000 phoques ont été tués à coups de gourdins et dépecés vivants…


*Cette coalition mondiale regroupe les plus grandes associations internationales (Greenpeace, IFAW, WSPA, HSUS…) et lutte contre la chasse aux phoques en relayant toutes les actions conjointement et respectivement dans chaque pays.

 

Dossier artezia ©
M.M.