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Les
Fourmis
Présentation
:
" Fourmi"
: nom féminin du latin "formica". Les fourmis sont des
insectes hyménoptères (Insectes caractérisés
par deux paires d'ailes motrices unies pendant le vol et par l'incapacité
de la larve à subvenir seule à ses besoins) de la famille
des Formicidés.
Caractéristiques
:
La croissance d'une fourmi est composée de quatre stades successifs: œuf,
larve, nymphe et adulte.
Les fourmis peuvent transporter
jusqu'à 60 fois leur poids.
Les fourmis adorent les jus sucrés et en particulier le miellat des insectes
piqueurs de sève.
C'est pour cette raison qu'elles élèvent des pucerons dont elles assurent
la protection en échange de nourriture.
Elles récoltent le miellat des pucerons dans son estomac, et va le régurgiter
aux fourmis restées dans le nid.
Cette opération appelée la trophallaxie, permet le partage de la nourriture
au sein de toute la société.
Il existe plus de
12 000 espèces différentes dont 8 800 seulement sont identifiées. En France,
on en dénombre 160 espèces. Les fourmis des bois, appelées fourmis rousses,
jouent un rôle important en consommant de nombreux insectes. Elles sont
protégées dans plusieurs pays d'Europe, et ont été implantées dans des
forêts où elles n'étaient pas présentes. Les fourmis d'Argentine introduites
par l'homme aux quatre coins de la planète est la plus connue. Il existe
les fourmis champignonnistes qui vivent dans la zone tropicale du continent
américain. Elles s'attaquent aux plantes pour cultiver un champignon qui
leur sert de nourriture. Les fourmis moissonneuses récoltent les graines
et les stocke dans de véritable greniers souterrains. Les fourmis esclavagistes
sont des guerrières et sont obligées de faire travailler d'autres fourmis
dans leur nid, car elles ont perdu la capacité de s'occuper d'elles-mêmes
et de leur progéniture. Les fourmis tisserandes utilisent la soie de leurs
larves pour coller des feuilles bord à bord. Les fourmis légionnaires
sont appelées "mangeuses d'hommes" car elles sont capables de dévorer
un corps humain mort ou immobilisé. Elles vivent dans les forêts d'Afrique
et d'Amérique du Sud et se déplacent en formant de grandes colonnes. Lorsqu'elles
traversent un village, celui-ci doit être évacué. Les indiens se servent
parfois des mandibules des soldats de fourmis légionnaires comme agrafes
pour refermer leurs blessures.
Les
fourmis vivent sur la Terre depuis bien plus longtemps que nous : depuis
l'époque des dinosaures.
Au sein d'une colonie, les fourmis paraissent toutes uvrer dans
le même sens et faire preuve d'un comportement social exceptionnel.
Anatomie
:
Leur
corps, long de 0,8 à 30 mm selon l'espèce, est divisé
en 3 parties : tête, thorax et abdomen.

Le
thorax‚ ou corselet‚ porte portent 3 paires de pattes très longues
et terminées par 2 griffes
Les fourmis ont aussi 2
paires d'ailes et 1 paire d'antennes chez les individus sexués,
c'est-à-dire capables de se reproduire (les "ouvrières"
n'ont pas d'ailes).
La tête possède
tous les organes sensoriels (vue‚ odorat et toucher) qui lui sont indispensables.
Elle est par conséquent ornée d'une paire d'antennes qui abritent plusieurs
organes des sens : le toucher‚ l'odorat et le goût.
On trouve également à l'extrémité de la tête, la bouche qui sert à la
fois à l'alimentation et très souvent d'outil de saisie.
Les yeux‚
au nombre de 2‚ sont composés et formés d'une multitude de facettes.
Les reines et les mâles ont sur le front 3 petits yeux (ou ocelles) en
triangle.
Quelques fourmis sont complètement aveugles‚ sans aucun organe visuel.
Les organes tactiles
sont bien développés et sont constitués par des poils répartis
sur tout le corps.
Leur densité est plus forte sur les antennes et aux extrémités des pattes.

L'abdomen est
relié au thorax par un étroit pédoncule ou pétiole.
L'abdomen renferme le jabot social‚ l'estomac‚ l'intestin et les conduits
respiratoires‚ et chez les reines et les mâles‚ l'appareil reproducteur.
La fourmi a un estomac un peu spéciale‚ le “jabot social“. Elle y garde
en réserve de la nourriture‚ qui peut être régurgitée et transmise aux
autres fourmis.
La carapace (ou
exosquelette) est composée d'une substance‚ résistante et imperméable
que l'on nomme chitine.
Elle renferme différents pigments‚ bruns‚ rouges‚ ou noirs qui sont responsables
de la couleur de l'animal.
Les antennes
sont le support du principal sens des fourmis : l'odorat.
Ces insectes sont capables de distinguer de nombreuses odeurs, comme celle
de la fourmilière ou de la piste qu'elles jalonnent de leurs propres sécrétions.
Cette faculté est particulièrement utile pour le transport de la nourriture
et pour obtenir de l'aide en cas de découverte d'un important butin. Lorsque
deux fourmis se rencontrent, elles procèdent à quelques attouchements
d'antennes, et se reconnaissent aussitôt comme membres de la même fourmilière.
Si ce n'est pas le cas, le combat commence. La capacité d'apprentissage
des fourmis est cependant très stéréotypée, à la différence de celle des
mammifères. La complexité de l'organisation des fourmis, est en fait une
série de réponses à des stimuli relativement simples. Lorsqu'elles sont
à la recherche de nourriture, les fourmis chasseresses et les magnans
opèrent en colonnes ordonnées suivant des pistes marquées par des substances
chimiques. D'autres espèces utilisent des points de repère tels que la
direction et le plan de polarisation de la lumière. Les fourmis peuvent
également utiliser des stimuli vibratoires et même visuels dans certaines
situations spécifiques: En cas de danger, elles frappent les parois de
la fourmilière avec leur abdomen pour prévenir les autres. Elles tapotent
aussi leurs antennes pour se parler. Quand une ouvrière tombe sur de trop
grosses graines, elle tourne frénétiquement autour de celle-ci jusqu'à
ce que d'autres ouvrières la voient.
Alimentation
des fourmis
:
Les fourmis sont
pour la plupart omnivores, et leur régime alimentaire est relativement
varié. En effet la fourmi peut adapter son régime alimentaire aux ressources
du milieu. La fourmi est particulièrement friande du sucré, du nectar,
des baies, des graines et du riz. Quand une fourmi trouve un insecte,
elle le mord et le tue en l'empoisonnant à l'acide formique. Elle l'emporte
dans la fourmilière pour le partager avec les autres. Elle peut également
recueillir le pollen des fleurs. Elle en fait une boule qu'elle emporte
au nid entre ses grandes mandibules. La fourmi emplit son estomac d'assez
de nectar pour nourrir plusieurs de ses compagnes, en plus d'elle-même.
On a pu remarquer que la plupart des fourmis ramène presque systématiquement
la nourriture au nid.
La
fourmi possède deux estomacs ; celui qui est le plus rapproché de la bouche
est l'"estomac social".
En effet, l'estomac de la fourmi ouvrière est comme un réservoir. Elle
retourne à la fourmilière une fois qu'il est rempli et là, elle régurgite
son contenu. C'est en pratiquant le bouche-à-bouche, autrement appelé
trophallaxie, qu'elle nourrit ses compagnes
et les larves. La trophallaxie ne consiste pas seulement en un simple
échange de nourriture, mais cet acte social permet également d'échanger
des stimulations chimiques qui sont génératrice de complaisance sociale.
Cette sensation de complaisance se retrouve lors de l'alimentation des
larves, puisque les ouvrières font alors suinter une sécrétion à la surface
du corps des larves qu'elles lèchent avec avidité.
L'attraction exercée sur les ouvrières par de tels produits métaboliques
renforce leur comportement de prise en charge des jeunes de la colonie.
Certaines espèces
ont développé des habitudes remarquables et très spécialisées : La fourmi
moissonneuse rouge du centre des Etats-Unis et du Mexique récolte les
graines dans la prairie. Chez cette espèce, les ouvrières ramassent les
graines tandis que les soldats les coupent en morceaux à l'aide de leurs
puissantes mandibules.
Des fourmis du sud-ouest
des Etats- Unis et d'Amérique du Sud cultivent, dans leurs fourmilières,
une espèce de champignon dont elles se nourrissent. Elles coupent même
des morceaux de feuilles qu'elles portent dans les chambres de culture
pour faire du " compost " et fertiliser leurs champignonnières.
Certaines fourmis
consomment un liquide sucré, appelé miellat, sécrété par les pucerons
et gardent et protègent donc les pucerons, et prennent également grand
soin de leurs œufs.
Chez les fourmis à
miel du sud- ouest des Etats-Unis, certaines ouvrières sont utilisées
comme réserves vivantes pour emmagasiner le miellat. Ces ouvrières sont
nourries de quantités énormes de miellat et leur corps se distend tellement
qu'elles deviennent incapables de bouger. Elles se tiennent immobiles
dans la fourmilière, dégorgeant des gouttelettes d'aliments à la demande
pour nourrir les autres membres de la colonie.
La
fourmillière :

La fourmilière et
ses environs constituent le centre de la vie communautaire. La fourmilière
est constituée, en général, d'un dédale de galeries et de chambres souterraines
dont la répartition est très variable selon les colonies. Creusé à même
le sable ou la terre argileuse, le domicile des fourmis compte de nombreux
étages ayant chacun leur destination propre. La distribution des galeries
et des chambres (magasins, greniers, salles communes, pouponnières pour
œufs, larves et nymphes dans les parties les plus obscures) est variable
en fonction des espèces et même d'une colonie à une autre dans la même
espèce. Le plus souvent, ce sont les conditions de température et d'humidité
suivant la position géographique qui détermine leur répartition. Les matériaux
de déblai accumulés à l'extérieur de la fourmilière forment un monticule
en forme de cratère qui joue un rôle protecteur et régularisateur en maintenant
une humidité et une chaleur convenables. C'est bien souvent la partie
principale de la fourmilière. La profondeur du nid est très variable et
dépend de l'espèce qui la construit (30 à 40 cm la plupart du temps).
La fourmilière est
constituée de galeries souterraines surmontées d'un dôme : elle protège
et réchauffe la couvée en accumulant la chaleur du soleil. Certaines fourmis
creusent des galeries dans les arbres. D'autres cousent plusieurs feuilles
entre elles avec le fil produit par les larves en train de filer leur
cocon.
Dessin
simplifié d'une fourmilière

1) Le seul travail
de la reine est de pondre. Dès que les œufs apparaissent, ils sont emportés
par les ouvrières.
2) Les ouvrières vont
entasser les œufs les uns contre les autres avec de la salive.
3) Après quelques
semaines, des larves sortent des œufs. Les ouvrières les mettent dans
des chambres d'élevage.
4) Les larves grandissent,
changent plusieurs fois de peau avant de devenir des nymphes. Les nymphes
tissent un cocon de soie qui les protège. Elles sortent du cocon et sont
des adultes. (Fourmis)
La
protection et la savegarde de la fourmilière :
Les fourmis ajustent
le nombre de leurs soldats à l'importance des menaces de conflit qu'elles
perçoivent. Ainsi, des sociétés paisibles fabriquent deux fois moins de
soldats que leurs homologues stressées par le contact permanent de compétiteurs
provenant d'une autre colonie. Les fourmis s'imposent des " sacrifices
" quand la survie de la colonie est en jeu : les soldats sont, en effet,
obtenus par une suralimentation des larves dont la destinée normale est
d'évoluer en ouvrières. Un nombre plus faible d'ouvrières sera par conséquent
observable suite à cet important effort de " guerre " que nécessite l'élevage
d'énormes soldats.
Lorsqu'un danger approche,
les ouvrières les plus proches émettent des phéromones (hormone).
La meilleure défense des fourmis est la fuite, mais si ce danger menace
la fourmilière, elles sont prêtes à tout pour la défendre. Des dizaines
de gardiennes se ruent à l'assaut de l'intrus pour le mordre, l'asperger
ou lui injecter de l'acide formique. Quand deux ouvrières se rencontrent,
elles se sentent en se touchant avec les antennes pour savoir si elles
sont du même nid. Si elles sont étrangères, elles s'évitent ou se battent,
car elles ne se tolèrent pas sur un même territoire.
Un
Modèle de développement et d'organisation pour l'Homme
:
Une capacité d'organisation hors du commun et un sens de la vie
en communauté que même l'Homme lui envie.
Les fourmis occupent un nombre record de niches écologiques.
Présentes à tous les niveaux (aussi bien dans les steppes
désertiques qu'aux confins du cercle polaire) il existe plus de 12 000
espèces de fourmis, ayant des aspects très variés. Il n'existe pas un
kilomètre de terre ferme exempt de fourmis.
La fourmi est l'individu qui a bâti le plus de villes et de villages
sur la surface du globe. La fourmi a su s'adapter à tous les prédateurs
et à toutes les conditions climatiques : pluie, chaleur, sécheresse, froid,
humidité, vent.
De récentes recherches ont montré qu'un tiers de la biomasse animale de
la forêt amazonienne était composé de fourmis et de termites. Et ce dans
les proportions de huit fourmis pour un termite.
Une
vie bien organisée :
Les fourmis vivent
en sociétés (fourmilières) où se trouvent
des reines fécondes et de nombreuses ouvrières sans ailes
(jusqu'à 50 000 dans certaines colonies).
Très actives, elles accumulent graines et déchets.
La piqûre des fourmis, particulièrement celle des fourmis
rouges, est douloureuse.
Expression "Avoir des fourmis" : avoir des picotements désagréables.
L'entomologiste suisse
Auguste Forel (1848-1935) a consacré sa vie à l'étude
des fourmis.
C'est lui, notamment, qui a précisé de nombreux détails
de leurs mœurs.
Le fonctionnement d'une fourmilière se fonde sur le regroupement de différents
types d'individus, dédiés à des tâches bien précises. C'est pourquoi cette
société si bien organisée se divise 3 groupes, aussi appelé Caste
:
- La caste royale
: Les reines
- La caste des sexués : les fourmis ailées,
- La caste des ouvrières : Les ouvrières, les plus nombreuses,
assurent dans la communauté une tâche précise.
Les activités des
communautés de fourmis sont caractérisées par un certain degré de division
du travail souligné par une différenciation fonctionnelle et anatomique
des individus.
Dans une fourmilière
vivent trois sortes de fourmis : une ou plusieurs reines, des mâles et
un grand nombre d'ouvrières.
Chacune d'entre elles présente une morphologie particulière et remplit
des fonctions bien précises.

Les reines, facilement reconnaissables à leurs fortes dimensions, sont
les fondatrices de nouvelles colonies et sont les seules à pouvoir pondre
des œufs. A sa naissance, la reine possède quatre ailes qu'elle perd suite
au vol nuptial. Elle peut vivre jusqu'à dix ou quinze ans.
Les mâles sont ailés
; leur présence à l'intérieur de la colonie n'est observée que durant
la courte période qui précède l'envolée nuptiale. Ils ont
pour seul rôle de féconder les futures reines. Peu après l'accouplement,
ils meurent. Les ouvrières se chargent de la défense et de l'entretien
de la colonie, qui comprend la construction des galeries, les soins apportés
aux jeunes, la quête de la nourriture, etc... Laissés à eux-mêmes, les
mâles meurent généralement peu de temps après avoir fécondé les reines
au cours du vol nuptial. Par contre, les reines et les ouvrières peuvent
vivre, chez certaines espèces, plus de quinze années. La reine, dont la
fécondité est souvent impressionnante corrélée à leur longue vie, va générer
des nids contenant plusieurs centaines de milliers ou millions d'individus.
C'est cet accroissement en taille de leurs sociétés qui a permis à ces
insectes de modifier progressivement leur mode de vie et de développer
des techniques de travail très performantes.
Les ouvrières, sans
ailes et souvent incapables de s'accoupler, participent aux activités
sociales (soins au couvain, construction et défense du nid, approvisionnement
en nourriture). On distingue les nourrices, les ouvrières d'entretien,
celles qui pourvoient à la nourriture et enfin les gardiennes ou soldates.
Chez les espèces où
un grand nombre d'ouvrières peuvent coopérer afin de récolter la nourriture,
de nouveaux comportements alimentaires sont apparus comme la chasse en
groupe, l'élevage des pucerons ou la culture des champignons microscopiques.
Cette diversification
des modes de vie explique le grand succès écologique des fourmis qui représentent
10 à 15 % de la biomasse animale.
Les
fourmis sont-elles vraiment douées d'intelligence ?
On a constaté que les fourmis face à plusieurs chemins pour
se rendre à un endroit précis empruntent à la longue
le chemin le plus court. Heureux hasard, coïncidence, Intelligence
ou explication biologique ?
Expérience du double pont : deux voies (dont l'une est plus courte
que l'autre) sont offertes à des fourmis pour aller d'un point
à un autre. Au début, elles choisissent aléatoirement
les deux ponts : il n'y a pas de préférence. Et au bout
d'un moment, les fourmis prennent toutes un même chemin : celui
le plus court.
C'est un phénomène émergent : aucune fourmi n'est
architecte, aucune fourmi n'a un plan dans la tête de la longueur
des deux ponts. C'est un phénomène émergent car pour
arriver au chemin le plus court, chaque fourmi n'a utilisé que
deux règles :
Elle laisse un phéromone
derrière elle, quand elle a le choix entre deux chemins, elle choisit
le chemin qui dégage la plus forte odeur (donc la plus forte concentration
de cette substance odorante). Avec des allers-retours, petit à
petit, le chemin le plus court va se charger de la plus grande concentration
de phéromones et donc petit à petit, les fourmis vont prendre
le chemin le plus court.
C'est un phénomène
émergent car la sélection du chemin le plus court (qui ici
est un nouveau phénomène) n'a été nulle part
codé dans les règles que suivent les fourmis.
Mais si l'explication
est biologique, les fourmis sont quand même considéré
encore de nos jours comme l'animal le plus proche de l'homme au niveau
de son organisation, son mode de vie ( voir plus bas "les fourmis
dans l'histoire")
Qu'est-ce
que le phéromone ?
Les fourmis sont
équipées de glandes produisant des phéromones, substances chimiques odorantes
que seules les fourmis peuvent sentir. Ce signal chimique est formé d'hydrocarbures
cuticulaires qui portent l'information à la fois sur l'espèce, la société
mais aussi la caste et le stade de développement auxquelles appartiennent
les fourmis rencontrée.
C'est en sécrétant cette substance qu'une fourmi éclaireuse marque le
chemin qu'elle a utilisé et revient avertir ses pairs de la présence de
nourriture ou d'un danger, ainsi que de sa localisation.
Les
fourmis dans l'histoire :
L'intérêt des hommes
pour les fourmis remonte à l'antiquité. Les premiers auteurs ont été fascinés
par leurs moeurs très proches de celles des hommes. C'est dans les Proverbes
de Salomon que l'on retrouve la première allusion à leur courage et à
leur prévoyance. Tous les auteurs grecs (Hésiode, Aristote, Platon...)
mentionnèrent les fourmis pour leur sagesse et leur intelligence. Le poète
romain Horace dans les Satires s'émerveille devant la fourmi que la sagesse
pousse à travailler sans cesse pendant l'été afin de subsister à l'hiver.
Pline l'ancien, dans son Histoire des animaux consacre aux fourmis un
chapitre entier. Lui aussi s'étonne de leur courage et de leur force.
Il ne manque pas non plus de noter leur organisation ainsi que leur façon
de vivre en société, de communiquer et même de se répartir les tâches.
Malheureusement, ces observations remarquables furent entachées par quelques
fabulations beaucoup plus naïves où l'auteur latin fait des fourmis de
l'Inde septentrionale les gardiennes de mines d'or.
Les apparentes ressemblances entre les fourmis et les hommes conduisirent
inévitablement à de nombreux anthropomorphismes. Le Grec Plutarque attribue
aux fourmis, outre un caractère prévoyant et sage, des vertus humaines.
Avec le romancier latin Apulée, les fourmis mettent leur courage et leur
pugnacité au service de l'humain en triant à la place de Psyché un monceau
de graines renversées par la déesse Vénus en colère.
Les constructions
des fourmis furent également l'objet de l'attention des écrivains latins.
Là encore, ils n'hésitent pas à les comparer aux réalisations humaines.
Selon Ælien, les nids de fourmis n'ont rien à envier aux édifices d'Égypte
et de Crète.
La complexité et l'organisation des chambres et des galeries souterraines
rappellent à l'auteur les habitations humaines les plus somptueuses. Bien
que chargés d'anthropomorphismes, les récits des Grecs et des Romains
étaient déjà en bien des points en accord avec les connaissances modernes.
La période qui suivie fut beaucoup moins riche et l'on ne connaît que
très peu d'écrits sur les fourmis datant du moyen-âge. Les rapports des
auteurs avec la nature changent. La fourmi n'est plus un exemple pour
l'homme mais un animal étrange et mystique dont les venins et les morsures
sont craints. Des traductions abusives des textes anciens sont à l'origine
de quelques animaux étranges, comme le myrmécoléo. Ce monstre issu de
l'imaginaire des auteurs du moyen-âge est à la fois lion et fourmi (voir
le "Manuel de Zoologie Fantastique" de J.L. Borges et M. Guerrero, 1970).
Il faudra attendre
le XVIIème pour que les auteurs s'intéressent à nouveau à la fourmi. La
Fontaine puis Boileau reprennent l'image, déjà utilisée par les philosophes
de l'antiquités, de la fourmi prévoyante et courageuse. On connaît bien
sûr la fourmi de la fable avec la cigale, mais il y aussi " La Colombe
et la Fourmi " où celle-ci sauve la colombe qui lui a évité la noyade.
En fait, de tous temps, les fabulistes se sont inspirés des fourmis (voir
les fables récentes de Georges Duhamel ou de Jacques Trémolin). Le XVIIIème
siècle est marqué par l'émergence des sciences naturelles auxquelles vont
se consacrer Linné, le père de la systématique, Bonnet, qui découvrit
notamment la parthénogenèse, et bien d'autres. C'est véritablement au
naturaliste anglais Gould et au français De Réaumur que l'on doit les
premières données scientifiques sur les fourmis.
Elles deviennent
le sujet d'études sérieuses et une science à part entière leur est consacrée
: la myrmécologie.
Dès lors de nombreux entomologistes s'intéressent aux fourmis avec Fabre,
Huber, Emery, Forel... Comme les autres insectes sociaux, leur mode de
vie intrigue les premiers défenseurs de la théorie de l'évolution par
la sélection naturelle. Darwin lui-même ne manque pas de s'interroger
sur l'origine de la socialité et de l'altruisme qui caractérise les colonies
de fourmis. Plus récemment des auteurs comme Maeterlink ont vulgarisé
la vie des fourmis, avec beaucoup d'anthropomorphisme, ce qui a sans doute
contribué à propager
les clichés sur la fourmi ("La vie des fourmis", 1930).
Aujourd'hui, la myrmécologie
est toujours une partie très active de la biologie et de la psychologie
animale. Que ce soit pour les combattre, les utiliser ou simplement les
comprendre, les fourmis, par leur étonnante diversité et leur omniprésence
dans notre environnement intéressent des secteurs d'activité aussi variés
que les sciences de la vie, la littérature, ou même l'économie. Il est
symptomatique que les navettes spatiales n'aient emporté que très peu
d'animaux, mais Challenger avait une colonie de fourmis en 1983 ! De nombreux
livres de vulgarisation sur la vie des animaux sont parus ces dernières
années. Les fourmis ont été de la partie, surtout dans les livres pour
enfants. Signalons la traduction du livre biographique des deux plus grands
spécialistes des fourmis qui a connu un grand succès (Bert Hölldobler
et Edward O. Wilson : Voyage chez les fourmis - Une exploration scientifique,
Seuil, 1997)
Extrait de "Les fourmis", Alain Lenoir, dans "Si les lions pouvaient parler"
sous la direction de Boris Cyrulnik, Gallimard, 1998.
"Les
Fourmis" de Bernard Werber
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M.M.
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