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Les Fourmis
Présentation "Fourmi" : nom féminin du latin "formica". Les fourmis sont des insectes hyménoptères (Insectes caractérisés par deux paires d'ailes motrices unies pendant le vol et par l'incapacité de la larve à subvenir seule à ses besoins) de la famille des Formicidés. Caractéristiques
Il existe plus de 12 000 espèces différentes dont 8 800 seulement sont identifiées. En France, on en dénombre 160 espèces. Les fourmis des bois, appelées fourmis rousses, jouent un rôle important en consommant de nombreux insectes. Elles sont protégées dans plusieurs pays d'Europe, et ont été implantées dans des forêts où elles n'étaient pas présentes. Les fourmis d'Argentine introduites par l'homme aux quatre coins de la planète est la plus connue. Il existe les fourmis champignonnistes qui vivent dans la zone tropicale du continent américain. Elles s'attaquent aux plantes pour cultiver un champignon qui leur sert de nourriture. Les fourmis moissonneuses récoltent les graines et les stocke dans de véritable greniers souterrains. Les fourmis esclavagistes sont des guerrières et sont obligées de faire travailler d'autres fourmis dans leur nid, car elles ont perdu la capacité de s'occuper d'elles-mêmes et de leur progéniture. Les fourmis tisserandes utilisent la soie de leurs larves pour coller des feuilles bord à bord. Les fourmis légionnaires sont appelées "mangeuses d'hommes" car elles sont capables de dévorer un corps humain mort ou immobilisé. Elles vivent dans les forêts d'Afrique et d'Amérique du Sud et se déplacent en formant de grandes colonnes. Lorsqu'elles traversent un village, celui-ci doit être évacué. Les indiens se servent parfois des mandibules des soldats de fourmis légionnaires comme agrafes pour refermer leurs blessures. Les
fourmis vivent sur la Terre depuis bien plus longtemps que nous : depuis
l'époque des dinosaures.
Anatomie Leur corps, long de 0,8 à 30 mm selon l'espèce, est divisé en 3 parties : tête, thorax et abdomen.
Le thorax‚
ou corselet‚ porte portent 3 paires de pattes très longues et terminées
par 2 griffes La tête possède tous
les organes sensoriels (vue‚ odorat et toucher) qui lui sont indispensables.
Les organes tactiles
sont bien développés et sont constitués par des poils répartis
sur tout le corps. L'abdomen est relié
au thorax par un étroit pédoncule ou pétiole. La carapace (ou exosquelette)
est composée d'une substance‚ résistante et imperméable que l'on nomme
chitine. Les antennes sont
le support du principal sens des fourmis : l'odorat.
Alimentation des fourmis Les fourmis sont pour la plupart omnivores, et leur régime alimentaire est relativement varié. En effet la fourmi peut adapter son régime alimentaire aux ressources du milieu. La fourmi est particulièrement friande du sucré, du nectar, des baies, des graines et du riz. Quand une fourmi trouve un insecte, elle le mord et le tue en l'empoisonnant à l'acide formique. Elle l'emporte dans la fourmilière pour le partager avec les autres. Elle peut également recueillir le pollen des fleurs. Elle en fait une boule qu'elle emporte au nid entre ses grandes mandibules. La fourmi emplit son estomac d'assez de nectar pour nourrir plusieurs de ses compagnes, en plus d'elle-même. On a pu remarquer que la plupart des fourmis ramène presque systématiquement la nourriture au nid. La fourmi possède
deux estomacs ; celui qui est le plus rapproché de la bouche est l'"estomac
social". Certaines espèces ont développé des habitudes remarquables et très spécialisées : La fourmi moissonneuse rouge du centre des Etats-Unis et du Mexique récolte les graines dans la prairie. Chez cette espèce, les ouvrières ramassent les graines tandis que les soldats les coupent en morceaux à l'aide de leurs puissantes mandibules. Des fourmis du sud-ouest des Etats- Unis et d'Amérique du Sud cultivent, dans leurs fourmilières, une espèce de champignon dont elles se nourrissent. Elles coupent même des morceaux de feuilles qu'elles portent dans les chambres de culture pour faire du " compost " et fertiliser leurs champignonnières. Certaines fourmis consomment un liquide sucré, appelé miellat, sécrété par les pucerons et gardent et protègent donc les pucerons, et prennent également grand soin de leurs œufs. Chez les fourmis à miel du sud- ouest des Etats-Unis, certaines ouvrières sont utilisées comme réserves vivantes pour emmagasiner le miellat. Ces ouvrières sont nourries de quantités énormes de miellat et leur corps se distend tellement qu'elles deviennent incapables de bouger. Elles se tiennent immobiles dans la fourmilière, dégorgeant des gouttelettes d'aliments à la demande pour nourrir les autres membres de la colonie.
La fourmillière La fourmilière est constituée de galeries souterraines surmontées d'un dôme : elle protège et réchauffe la couvée en accumulant la chaleur du soleil. Certaines fourmis creusent des galeries dans les arbres. D'autres cousent plusieurs feuilles entre elles avec le fil produit par les larves en train de filer leur cocon.
[1] Le seul travail de la reine est de pondre. Dès que les œufs apparaissent, ils sont emportés par les ouvrières. [2] Les ouvrières vont entasser les œufs les uns contre les autres avec de la salive. [3] Après quelques semaines, des larves sortent des œufs. Les ouvrières les mettent dans des chambres d'élevage. [4] Les larves grandissent, changent plusieurs fois de peau avant de devenir des nymphes. Les nymphes tissent un cocon de soie qui les protège. Elles sortent du cocon et sont des adultes. (Fourmis)
La protection et la savegarde de la fourmilière Les fourmis ajustent le nombre de leurs soldats à l'importance des menaces de conflit qu'elles perçoivent. Ainsi, des sociétés paisibles fabriquent deux fois moins de soldats que leurs homologues stressées par le contact permanent de compétiteurs provenant d'une autre colonie. Les fourmis s'imposent des " sacrifices " quand la survie de la colonie est en jeu : les soldats sont, en effet, obtenus par une suralimentation des larves dont la destinée normale est d'évoluer en ouvrières. Un nombre plus faible d'ouvrières sera par conséquent observable suite à cet important effort de " guerre " que nécessite l'élevage d'énormes soldats. Lorsqu'un danger approche,
les ouvrières les plus proches émettent des phéromones (hormone).
Un Modèle de développement et d'organisation pour l'Homme Une capacité
d'organisation hors du commun et un sens de la vie en communauté
que même l'Homme lui envie.
Une vie bien organisée L'entomologiste suisse
Auguste Forel (1848-1935) a consacré sa vie à l'étude
des fourmis. - La caste royale
: Les reines Les activités des communautés de fourmis sont caractérisées par un certain degré de division du travail souligné par une différenciation fonctionnelle et anatomique des individus. Dans une fourmilière
vivent trois sortes de fourmis : une ou plusieurs reines, des mâles et
un grand nombre d'ouvrières. Les mâles sont ailés ; leur présence à l'intérieur de la colonie n'est observée que durant la courte période qui précède l'envolée nuptiale. Ils ont pour seul rôle de féconder les futures reines. Peu après l'accouplement, ils meurent. Les ouvrières se chargent de la défense et de l'entretien de la colonie, qui comprend la construction des galeries, les soins apportés aux jeunes, la quête de la nourriture, etc... Laissés à eux-mêmes, les mâles meurent généralement peu de temps après avoir fécondé les reines au cours du vol nuptial. Par contre, les reines et les ouvrières peuvent vivre, chez certaines espèces, plus de quinze années. La reine, dont la fécondité est souvent impressionnante corrélée à leur longue vie, va générer des nids contenant plusieurs centaines de milliers ou millions d'individus. C'est cet accroissement en taille de leurs sociétés qui a permis à ces insectes de modifier progressivement leur mode de vie et de développer des techniques de travail très performantes. Les ouvrières, sans ailes et souvent incapables de s'accoupler, participent aux activités sociales (soins au couvain, construction et défense du nid, approvisionnement en nourriture). On distingue les nourrices, les ouvrières d'entretien, celles qui pourvoient à la nourriture et enfin les gardiennes ou soldates. Chez les espèces où un grand nombre d'ouvrières peuvent coopérer afin de récolter la nourriture, de nouveaux comportements alimentaires sont apparus comme la chasse en groupe, l'élevage des pucerons ou la culture des champignons microscopiques. Cette diversification des modes de vie explique le grand succès écologique des fourmis qui représentent 10 à 15 % de la biomasse animale.
Les
fourmis sont-elles vraiment douées d'intelligence ? Elle laisse un phéromone derrière elle, quand elle a le choix entre deux chemins, elle choisit le chemin qui dégage la plus forte odeur (donc la plus forte concentration de cette substance odorante). Avec des allers-retours, petit à petit, le chemin le plus court va se charger de la plus grande concentration de phéromones et donc petit à petit, les fourmis vont prendre le chemin le plus court. C'est un phénomène émergent car la sélection du chemin le plus court (qui ici est un nouveau phénomène) n'a été nulle part codé dans les règles que suivent les fourmis. Mais si l'explication est biologique, les fourmis sont quand même considéré encore de nos jours comme l'animal le plus proche de l'homme au niveau de son organisation, son mode de vie ( voir plus bas "les fourmis dans l'histoire")
Qu'est-ce que le phéromone ? Les fourmis sont
équipées de glandes produisant des phéromones, substances chimiques odorantes
que seules les fourmis peuvent sentir. Ce signal chimique est formé d'hydrocarbures
cuticulaires qui portent l'information à la fois sur l'espèce, la société
mais aussi la caste et le stade de développement auxquelles appartiennent
les fourmis rencontrée.
Les fourmis dans l'histoire L'intérêt des hommes
pour les fourmis remonte à l'antiquité. Les premiers auteurs ont été fascinés
par leurs moeurs très proches de celles des hommes. C'est dans les Proverbes
de Salomon que l'on retrouve la première allusion à leur courage et à
leur prévoyance. Tous les auteurs grecs (Hésiode, Aristote, Platon...)
mentionnèrent les fourmis pour leur sagesse et leur intelligence. Le poète
romain Horace dans les Satires s'émerveille devant la fourmi que la sagesse
pousse à travailler sans cesse pendant l'été afin de subsister à l'hiver.
Pline l'ancien, dans son Histoire des animaux consacre aux fourmis un
chapitre entier. Lui aussi s'étonne de leur courage et de leur force.
Il ne manque pas non plus de noter leur organisation ainsi que leur façon
de vivre en société, de communiquer et même de se répartir les tâches. Les constructions
des fourmis furent également l'objet de l'attention des écrivains latins.
Là encore, ils n'hésitent pas à les comparer aux réalisations humaines.
Selon Ælien, les nids de fourmis n'ont rien à envier aux édifices d'Égypte
et de Crète. Il faudra attendre
le XVIIème pour que les auteurs s'intéressent à nouveau à la fourmi. La
Fontaine puis Boileau reprennent l'image, déjà utilisée par les philosophes
de l'antiquités, de la fourmi prévoyante et courageuse. On connaît bien
sûr la fourmi de la fable avec la cigale, mais il y aussi " La Colombe
et la Fourmi " où celle-ci sauve la colombe qui lui a évité la noyade.
En fait, de tous temps, les fabulistes se sont inspirés des fourmis (voir
les fables récentes de Georges Duhamel ou de Jacques Trémolin). Le XVIIIème
siècle est marqué par l'émergence des sciences naturelles auxquelles vont
se consacrer Linné, le père de la systématique, Bonnet, qui découvrit
notamment la parthénogenèse, et bien d'autres. C'est véritablement au
naturaliste anglais Gould et au français De Réaumur que l'on doit les
premières données scientifiques sur les fourmis. Elles deviennent
le sujet d'études sérieuses et une science à part entière leur est consacrée
: la myrmécologie. Aujourd'hui, la myrmécologie
est toujours une partie très active de la biologie et de la psychologie
animale. Que ce soit pour les combattre, les utiliser ou simplement les
comprendre, les fourmis, par leur étonnante diversité et leur omniprésence
dans notre environnement intéressent des secteurs d'activité aussi variés
que les sciences de la vie, la littérature, ou même l'économie. Il est
symptomatique que les navettes spatiales n'aient emporté que très peu
d'animaux, mais Challenger avait une colonie de fourmis en 1983 ! De nombreux
livres de vulgarisation sur la vie des animaux sont parus ces dernières
années. Les fourmis ont été de la partie, surtout dans les livres pour
enfants. Signalons la traduction du livre biographique des deux plus grands
spécialistes des fourmis qui a connu un grand succès (Bert Hölldobler
et Edward O. Wilson : Voyage chez les fourmis - Une exploration scientifique,
Seuil, 1997)
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